Les cyclomoteurs, communément appelés scooters, sillonnent davantage les routes du Québec que partout ailleurs au Canada, et ce, dans une large proportion. (Photo : Roger Lacoste)
Les scooters sortent de l'hibernation
L'ours noir et la marmotte ont attendu longtemps avant de pointer leur nez dehors. La froide température aura réduit à peu de chose l'enthousiasme printanier. On en dira autant des barbecues, des tondeuses à gazon, des sandales, mais peut-être pas des scooters. La fièvre du grand air atteint déjà les plus petits, avides de mobilité et surtout d'autonomie. La possession d'un tel engin incite cependant à la prudence.
Phénomène de mode ou changement dans la façon d'entrevoir les déplacements de nos enfants? Simon Boily, conseiller des ventes en matière de motocyclettes, n'hésite pas à parler de changements familiaux au sujet de l'engouement pour le bolide. « Le parent comprend maintenant qu'investir environ 3000$ pour un scooter lui permettra de rester chez lui en plus de développer l'autonomie de son enfant », croit-il.
L'objet convoité devient, par le fait même, un outil servant à responsabiliser le jeune garçon ou la jeune fille quant au remboursement d'une dette considérable. « Je dirais que le tiers des jeunes achète seul la machine. L'autre deux tiers est accompagné d'un parent. Beaucoup d'entre eux passe un accord avec l'adolescent. Ils apprennent alors à assumer les paiements mensuels d'un véhicule.»
Des chiffres éloquents
Selon le Conseil de l'industrie de la motocyclette et du cyclomoteur, une association à but non lucrative, les détaillants ont vendu environ presque 15 000 cyclomoteurs au Québec en 1997. Les plus récentes données montrent que 12 ans plus tard, ce chiffre se situait autour de 26 000 unités. À titre comparatif, la Colombie-Britannique, seconde en tête de liste des consommateurs, n'a acheté que 5 000 cyclomoteurs en 2005.
La popularité de tels engins n'a pas de quoi surprendre. Dans un contexte de réchauffement planétaire, les deux litres requis pour rouler sur plus de 100 km influencent le choix des consommateurs. On dit aussi du cyclomoteur qu'il est facile à conduire, facile à stationner et ne requiert que peu d'entretien.
Dans La vie en vert, un magasine pour consommateurs responsables produit par Téléquébec, on explique l'importance de bien évaluer les types de scooter. Stephane Pilon explique que le cyclomoteur à moteur deux temps pollue davantage que son semblable à quatre temps. Le premier permet une accélération plus ressentie, mais le second émet moins d'hydrocarbures, d'oxydes d'azote et de monoxyde de carbone. La puissance permet au premier d'atteindre des pointes de 75 km/h, alors que le second peu difficilement dépasser les 50km/h.
Une loi qui dérange
La législation provinciale demande peu aux futurs conducteurs enclins conduire un cyclomoteur. En effet, pour tout véhicule de 50cm3 et moins à transmission automatique, le jeune adulte doit être détenteur d'un permis de classe 6D. Celui-ci n'implique aucun cours de conduite spécifique et ne mise que sur l'apprentissage autonome. Il ne requiert ni l'obtention d'un permis d'apprenti conducteur, ni ne se réclame d'aucun examen sur la route.
Cet arrangement est depuis longtemps décrié par les motocyclistes, aux prises avec des procédures d'environ une année avant de pouvoir jouir d'un accès complet à la route.
Le mot d'ordre de tous les intervenants, y compris du service de police de Repentigny, est la prudence. Ces derniers affirment que la loi changera bientôt.