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Épuisés, des travailleurs dénoncent le non-remplacement

Dans les centres d’hébergement

Reine Côté par Reine Côté
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Article mis en ligne le 18 juillet 2008 à 15:10
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Épuisés, des travailleurs dénoncent le non-remplacement
Le syndicat a réuni les employés du Centre Deux-Rives pour un dîner de solidarité, le 15 juillet dernier. (Photo:Roger Lacoste)
Épuisés, des travailleurs dénoncent le non-remplacement
Dans les centres d’hébergement
À la demande de leur syndicat, les employés syndiqués des centres d’hébergement des Deux-Rives et L’Assomption font circuler une pétition afin d’inciter la direction à pallier rapidement à la situation problématique qu’entraîne le non-remplacement des travailleurs.
Amorcée le 10 juillet, la pétition a recueilli jusqu’à présent près de 400 noms en provenance des deux centres d’hébergement. « On n’en peut plus. Nous n’arrivons plus à assumer notre tâche, nous sommes complètement épuisés », explique Nathalie Picard, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. « Nous sommes à un point de non-retour, On pense même que c’est dangereux pour la sécurité des résidents.»

Tous les secteurs sont visés par ce manque de remplacement : entretien ménager, cuisine, soins directs aux bénéficiaires.
Services inadéquats
Selon la vice-présidente du syndicat FSSS-CSN au centre d’hébergement L’Assomption, Danièle Puech, les services essentiels destinés aux bénéficiaires ne sont assurés que dans une proportion de 50 à 60% actuellement alors qu’ils le sont à 90% lors d’une grève. « On fonctionne en bas des services essentiels », insiste-t-elle.

Mme Puech affirme qu’on ne retrouve qu’un seul employé à l’entretien ménager par étage pour 35 chambres. Lequel n’est pas remplacé lorsqu’il est en congé maladie. « C’est dangereux pour la prolifération et la transmission des maladies nosocomiales (comme le C. Difficile). Les bibittes ne prennent pas congé. Les personnes âgées sont plus vulnérables à ça », souligne Mme Picard.

Mme Puech donne en exemple la situation de nuit au centre d’hébergement L’Assomption. « Pour 166 résidents, nous avons une infirmière, deux infirmiers auxiliaires et six préposés aux bénéficiaires. Pendant la nuit, l’équipe doit faire trois tournées pour changer les culottes d’incontinence des résidents, même s’ils dorment : Comme on doit les immobiliser pour les changer, on doit être plus d’un par résident. Conséquences ? « Il y a des bains qu’on ne donne pas. On leur fait une toilette partielle. Certains doivent même rester couchés toute la journée, car on n’a pas le temps d’aller les lever. Sans parler que les centres comptent de plus en plus de cas grabataires : on doit habiller ces résidents, les faire manger, les laver. Cela qui requiert des soins de quatre heures par jour par patient », précise Mme Picard. « On s’en occupe de nos personnes âgées, mais donnez-nous les effectifs nécessaires, lance Mme Picard.
Temps supplémentaire
Elle ajoute que la majorité des préposés aux bénéficiaires sont obligés de faire du temps supplémentaire.

« Depuis plusieurs mois, plusieurs années même, on vit les mêmes difficultés avec une surcharge de travail », fait remarquer Mme Puech.
Roulement de personnel
Les représentantes syndicales le confirment, il y a embauche. La direction du CSSS du Sud de Lanaudière a même fait une embauche massive en mars dernier. Mais les jeunes employés ne restent pas ce qui entraîne un roulement de personnel. Puis, les préposés en provenance des agences privées n’ont pas toujours les qualifications requises. Cela provoque perte de temps et inefficacité puisque les préposés réguliers doivent leur montrer la méthode de travail et recommencer le processus à chaque nouvel employé qui se présente à l’établissement. « Ça fait de la mauvaise humeur dans l’équipe et une perte de temps. Et c’est la clientèle qui en subit les conséquences », confie le syndicat.

En ce qui concerne la liste de rappel, Christiane Voyer affirme que des employés y figurant et disponibles ne sont tout simplement pas appelés. Même ceux ayant déjà travaillé pour l’un des deux centres. La semaine dernière, le syndicat a même découvert que les nouveaux employés ne figuraient pas sur la liste de rappel informatique. « On a oublié de lister le nom des nouveaux employés des derniers mois et cela pour tous les centres du CSSS du Sud de Lanaudière », fait savoir Mme Puech. « Il y a un manque de volonté très clair de la part de l’employeur. Lorsqu’on leur demande des explications sur le manque de personnel remplaçant, on nous dit avoir fait le tour des agences et de la liste de rappel et qu’il n’y a aucune ressource », fait à son tour remarquer Mme Voyer, représentante syndicale pour le Centre d’hébergement L’Assomption.

Tous souhaitent que le CSSS donne suite à la pétition, considérant urgent de prendre des mesures et de trouver les budgets pour corriger la situation. « Les soins de longue durée dans le réseau public sont les enfants pauvres du réseau de la santé et des services sociaux. Les sommes d’argent dépensées en congé de maladie, en roulement de personnel et dans des contrats avec des agences pourraient être investies à de meilleures fins », expose la vice-présidente FSSS-CSN, Nathalie Picard.



« C’est sur une base volontaire que le préposé fait du temps supplémentaire » - J. Lagacé



Temps supplémentaire exigé de la part de la direction ? La direction des centres d’hébergement du CSSS du Sud de Lanaudière nie l’affirmation du syndicat.

« C’est sur une base volontaire que le préposé fait du temps supplémentaire. C’est sur une base exceptionnelle qu’on l’oblige à faire du temps supplémentaire », indique fermement la directrice Johanne Lagacé.

Cette dernière affirme qu’il y a eu un exercice d’embauche massive en mars dernier et que toutes les personnes retenues pour un poste de préposés aux bénéficiaires ont reçu une garantie d’heures de travail correspondant à au moins deux jours par semaine. Même du 7/14 jours pour les horaires de travail.

« Notre volonté est de combler à 100% notre personnel. On fait des pieds et des mains pour en embaucher. »

« Le surcroît de vacances alourdit la situation. C’est vrai qu’on manque de personnel en temps régulier mais pas autant qu’en été », ajoute la directrice.

Cette dernière précise aussi que la période de vacances a été revue pour la restreindre à la période estivale afin d’avantager tout le monde, tant les familles que les employés qui désiraient prendre leur congé annuel en été.

Interrogée au sujet des lacunes décelées dans l’application des soins destinés aux résidents en centres d’hébergement du Sud de Lanaudière, la directrice Johanne Lagacé tente de se faire rassurante. Quoi qu’en dise la partie syndicale, elle estime que les résidents âgés reçoivent les soins dont ils ont besoin.

« Le ratio actuel du personnel peut répondre de 75 à 80% aux besoins de la clientèle. Il est dans les normes du ministère de la Santé et des Services sociaux qui recommande 72%. Nos chiffres sont bons. On est côté comme très bien nantis dans Lanaudière. »

« C’est sûr que le ratio du personnel est moindre qu’en centre hospitalier et que dans les centres de courte durée mais il répond à la norme, insiste Mme Lagacé. Même nous, (la direction) on en voudrait davantage. »

La directrice observe que les personnes âgées bénéficiant maintenant d’une aide à domicile arrivent plus tardivement en centre d’accueil et surtout dans un état de perte d’autonomie presque complet. Une situation qui alourdit la tâche des préposés. Sans parler des coupures dans le milieu de la santé et du personnel non habitué que l’on doit orienter.



(Photo:Roger Lacoste)

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francine ranger

Commentaire mis en ligne le 18 juillet 2008
très bon

Chez nos voisins