Se mobiliser pour gagner
Ingrid Bétancourt est libre. La nouvelle a fait le tour du monde. Plusieurs magazines lui ont consacré une série d’articles. C’est une très bonne nouvelle. J’ai écrit deux chroniques à son sujet et j’ai suivi son sort de près. Je la trouvais fort courageuse de s’en prise au milieu mafieux de la Colombie. Cette lutte avait déjà coûté la vie à JFK et son frère Robert dans les années ’60. Dans le cas de l’ex-candidate à la présidence de la Colombie, son long calvaire de six ans a provoqué un élan de solidarité sans précédent. Une mobilisation sans relâche. En quoi cela vous concerne, vous demandez-vous? La réponse se trouve dans le mot : mobilisation. Aussi loin nous trouvons-nous de ces grands drames, nous sommes confrontés en permanence à des situations où la mobilisation pourrait faire la différence. Mais nous doutons de sa réelle efficacité. Pourtant, la libération de Bétancourt prouve hors de tout doute qu’elle peut mener à des résultats. Peut-être pas suffisamment pour provoquer un dénouement à lui seul mais suffisamment pour sensibiliser la classe politique à agir. En répondant à cet appel populaire, les présidents Sarkozy et Uribe démontraient une humanité qui allait se transformer en immense capital politique. Soit! On a payé à prix fort cette libération? Soit! Mais elle libre. Peu importe les moyens et les motivations. Elle est libre. Et c’est immense espoir pour l’humanité. Les supporteurs ont gagné leur pari. La mobilisation a été plus forte que tout. Elle a fait pression sur les politiciens qui se sont vus obligés d’agir. Et la mobilisation concerne tout le monde. Peu importe où l’on vit. C’est le pouvoir de la population et il ne faut pas le sous-estimer. Cette libération a été un beau cadeau d’anniversaire pour moi, en ce 2 juillet.