À travers tous ces périples, Albert Leblanc a rencontré plusieurs personnalités dont Mère Thérèsa et le pape Jean-Paul II.
À 84 ans, Albert Leblanc enfourche son vélo pour ses 12es Jeux olympiques
Il a commencé en Asie et terminera en Asie
Qui a dit qu'à 84 ans, on passe nos journées assis sur notre chaise berçante à regarder les feuilletons à la télé? Ce n'est sûrement pas, Albert Leblanc, celui qu'on surnomme le vagabond olympique!
Ce Gaspésien de 84 ans était de passage à Repentigny la semaine passée, avant de se rendre à Montréal pour prendre l'avion en direction de Pékin, afin d'assister à ses 12es Jeux olympiques. L'octogénaire voulait pour une dernière fois se rendre aux Olympiques à vélo. Il a quitté le mercredi 25 juin, à 10 h, la résidence Saint-Joseph de Maria, en Gaspésie, pour aboutir à Repentigny, jeudi dernier.
« Ma vie est un éternel voyage, quand je ne suis pas sur les routes à vélo j’habite le plus beau village du monde, Maria. J’étais à Los Angeles, en février 1963, lorsque j’ai décidé de faire le tour du monde à vélo », raconte l'ancien bûcheron.
Voulant se rendre en France pour aller visiter sa sœur, le cycliste ne se doutait pas encore qu'il allait entreprendre le plus long marathon du monde. « Une fois là, chemin faisant, j'ai décidé de me rendre à Tokyo, au Japon, pour assister aux Jeux olympiques d'été. Depuis, tous les quatre ans, je me rends toujours à vélo au plus grand rassemblement sportif du monde avec le même émerveillement et le même enthousiasme. J'ai toujours fait ça seul, à part à Athènes. »
Tokyo-1964, Mexico-1968, Munich-1972, Montréal-1976, Moscou-1980, Los Angeles -1984, Séoul-1988, Barcelone-1992, Atlanta-1996, Sydney-2000 et Athènes-2004, M. Leblanc y était. « Je m'arrange toujours pour avoir des billets pour la cérémonie d'ouverture et de fermeture. Une fois sur place je regarde ce qui coûte le moins cher pour l'hébergement. Je ne suis pas logé dans des hôtels cinq étoiles, loin de là. Sous le soleil, la pluie ou la grêle, j’ai ainsi fait quatre fois le tour du monde, à cheval sur ma bécane, dormant dans la rue ou, quand j’avais plus de chance, chez quelqu’un prêt à m’héberger chez lui ou dans son garage! J’ai couché dans toutes les places au monde comme dans la forêt, sous les ponts, dans les sous-sols d’église, dans les rues aux Indes, n’importe où! »
Chaque jeu auquel il a pris part recèle une histoire, que ce soit à Munich et les attentats, à Moscou où l’on lui a fermé la frontière à cause du boycottage, les Jeux de Los Angeles, où il a pédalé dans les 48 capitales des États-Unis, où encore Barcelone, où il a décidé de passer par le Brésil afin d’assister au Carnaval de Rio et Atlanta, où malheureusement une pneumonie est venu le hanter. « Le voyage le plus marquant et celui vers Séoul, où je me suis fait renverser par un camion en Thaïlande, avec comme résultat six côtes cassées et le crâne fracassé. »
Aventures, mésaventures et générosité, M. Leblanc se rappelle, les bonnes comme les moins éclatantes. « Je me suis fait dévaliser, emprisonner. J’ai attrapé trois fois la malaria, je me suis perdu dans la jungle, mais jamais depuis 40 ans, à l’exception de Moscou, je n’ai manqué une seule cérémonie d’ouverture ou de fermeture des Jeux, je n’ai d’ailleurs jamais payé pour y assister, les billets m’ont toujours été offerts gracieusement. J'espère refaire la même chose en Chine. Ces jeux seront probablement mes plus beaux. Je bouclerai ainsi 12 aventures autour du monde. Avec Jean-Guy LeBlanc, mon neveu et complice, je me laisserai emporter une fois de plus par mon rêve et je me rendrai à l’un des plus magnifiques rendez-vous mondiaux de la jeunesse. »(JAP)