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Type salade ou type sauce?

Bernard Landreville par Bernard Landreville
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Article mis en ligne le 15 septembre 2008 à 16:05
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Type salade ou type sauce?
Les plus vieux se souviendront de cette publicité où l’annonceur vous demandait si vous aimiez plus la sauce ou la salade en accompagnement avec votre poulet. Le poulet, lui, ne semblait pas faire partie de l’équation, c’était un automatisme, il allait de soi.
À mes débuts dans ce merveilleux monde, je me suis vite rendu compte qu’il y avait aussi ce clivage au sujet des vins rouges en particulier; type Bordelais ou type Bourguignon?

Au fur et à mesure que je goûtais les vins, je me suis bien rendu compte que j’étais du type Bordelais. Les Bordeaux me plaisent par leur identité intrinsèque. Ce sont des vins élaborés principalement à partir de quatre cépages et dont l’assemblage et le dosage le rend spécifique à sa région de prédilection ou si vous préférez; son appellation.

Les Médoc ont une typicité, les St Julien une autre et ainsi de suite. Cependant, il est assez facile de retrouver un vin de type Bordeaux parmi d’autres, du moins c’est ce que je pensais. Les Bourgogne rouges eux, sont le résultat de l’élaboration d’un seul cépage : le Pinot Noir. De leur côté, ils sont tout aussi reconnaissables, du moins visuellement, par la couleur plus diaphane mais aussi par ce côté plus délicat, moins agressif vous diront certains. La vérité est pourtant tout autre, si vérité il y a. Depuis ce temps, j’ai eu l’immense plaisir de goûter certains grands crus de Bourgogne qui m’ont complètement chaviré et pire encore ou mieux encore, selon le point de vue où l’on se place, je me suis ouvert aux autres régions, non seulement de France mais aussi des pays producteurs de vin.

Bien entendu, au tout début, seuls les pays ayant une longue tradition vinicole et viticole pouvaient rivaliser avec les vins français. Les plus brillants parmi ceux-ci sentaient venir une nouvelle compétition de la part de pays aussi différents que l’Australie, Les États-Unis, l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Chili pour ne nommer que ceux-ci.

Depuis ce temps, je dois avouer que j’y ai fait des découvertes superbes et pour cause. Les plus grandes maisons et la plus grands châteaux ont compris que la mondialisation était un phénomène qui était là pour rester et s’y sont adapté. Les propriétaires, œnologues et autres experts sont partis parcourir le monde à la recherche des vignobles et des terres les plus propices à l’élaboration de grands vins et les ont soit achetées ou se sont joints aux propriétaires de l’endroit. C’est un secret de Polichinelle bien connu; les différents cépages donnent leur meilleur rendement sur leur terroir de prédilection (terrain, ensoleillement, température, pluviosité, etc.,) et c’est exactement ce qu’ont recherché ces experts. L’art de la vinification, de l’assemblage, du mûrissement, ils le possèdent depuis longtemps, ce qu’il leur fallait; un nouvel endroit pour faire pousser l’élément de base de leur fameux élixir. Aujourd’hui, les plus grades maisons, tant bordelaises, bourguignonnes, de la Champagne, du Chianti, ont des vignobles à travers le monde, ce qui augmente la diversité et la provenance de bons vins. Il y a aussi l’émergence de maisons telles Bonny Doon Vineyard, en Californie, de l’iconoclaste Randall Grahm qui a transformé le monde du vin avec ses assemblages de cépages de la vallée du Rhône à ceux de Bordeaux pour faire son « Cigare Volant » et autres vins particuliers, qui est suivi dans sa douce folie par quelques autres innovateurs qui osent défier l’ordre établi.

Pour ma part, si le vin est à mon goût, je me dis : pourquoi pas!?

Ce qu’il en reste cependant est que peu importe la provenance, peu importe le prix, peu importe l’habillage, si le vin m’apporte du plaisir à le découvrir au nez, à le déguster et à le marier à des mets, je l’adopte! Je suis maintenant plus type ouvert à la découverte.

Ce qui m’amène justement à une découverte faite il y a déjà quelques années mais qui fait maintenant mes délices et ceux de mes invités régulièrement; le EXP Toasted Head Syrah de la maison R. H. Phillips. D’une belle couleur rouge cerise, on remarque dès le premier nez la typicité de la Syrah; petits fruits rouges, violette, poivre. Ses 12 mois de fût de chêne français et américain lui donne un goût un peu fumé et boisé mais sans excès. Les tanins présents sont tout de même agréables et permettent une belle rondeur et dont la finale est assez longue. À boire avec une pièce de viande rouge ou de gibier accompagnée d’une sauce relevée et poivrée.

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