Les rois de la jungle!
Notre semaine avec les animaux sauvages a ouvert notre appétit et nous a ramenés en quelque sorte à nos instincts de survie. C’est pourquoi nous voulions expérimenter encore plus en nous enfonçant dans la jungle équatorienne. Après avoir tâté le terrain avec quatre compagnies d’exploration, c’est avec 'Expedicionnes Amazonnicas' que nous décidons de partir pour trois jours et deux nuits. C’était eux qui nous mettaient le plus en confiance car ils n’avaient pas l’air sur la drogue, soûls ou tout simplement trop effrayants comme les trois autres.
Nous devons voyager léger, équipés seulement de notre petit sac à dos, de lampes de poche, chasse-moustiques, bottes d’eau et d’articles de survie. Leonardo, notre guide, nous conduit premièrement chez le propriétaire d’un centre de réhabilitation pour les singes. Il nous fait découvrir le centre et nous avons l’occasion de les prendre et de nous amuser avec eux; ils sont très énervés, chaque seconde il y en a qui nous bondissent dans le cou, sur les jambes et viennent fouiller nos poches pour nous voler tout ce qui y traîne.
Dix minutes après notre départ de ce centre à petits 'pickpockets', nous partons visiter une première communauté indigène. Sous la pluie battante, nous traversons un petit pont suspendu et arrivons dans une communauté d’une soixantaine de villageois. Nous apprenons là-bas comment faire de la poterie avec les femmes. Celles-ci créent différentes œuvres artisanales qu’elles revendent le samedi, dans un grand marché de la ville de Puyo. Les femmes nous ont également peint le visage avec des extraits de plantes, ce que les hommes font avant d’aller à la chasse, ou avant une grande cérémonie. Par la suite, nous avons appris à bien manœuvrer la sarbacane! Nous ne serions sans doute pas de très bons chasseurs amazoniens! Le plus enrichissant de cette visite fut la rencontre avec le shaman, un homme de 64 ans qui guérit les gens d’après la force des esprits et des plantes. Nous avons eu la chance de nous faire purifier l’esprit par le shaman. La cérémonie consiste à se faire souffler de la boucane de cigarette au visage et se faire taper la tête avec des feuilles! Ce n’est pas évident de décrire cette expérience, cela semble tellement irréel! Il était difficile de retenir notre fou rire, mais nous sommes persuadés que notre corps et notre esprit sont comme neufs!
Après la visite, nous prenons un repas et partons pour notre première randonnée vers la chute 'Hola Vida'. Une heure de marche à travers la jungle et sous une petite pluie rafraîchissante, nous apercevons cette merveille naturelle : une gigantesque cascade entourée d’immenses murs de roches, formant une genre de piscine naturelle. Nous enfilons nos maillots de bains et plongeons dans ce bassin d’eau étonnamment très froide. Tout trempés, car nous avions omis d’apporter nos serviettes, nous faisons le chemin inverse pour revenir au lieu de départ. À ce moment il était environ 16h, nous nous préparions à monter jusqu’au premier campement où nous allions passer la nuit. Un quart d’heure assez éprouvant dû à nos sacs, à l’équipement et à la nourriture que nous devions y amener. La première chose que nous remarquons est la vue invraisemblable que nous avons sur la rivière et ces montagnes. Après un bon mets typiquement équatorien et une soirée relaxe au bord d’un feu depuis notre belvédère tant apprécié, nous allons au lit afin nous préparer pour une grosse journée. À notre réveil, il pleut à boire debout et nous devons nous rendre à la deuxième chute. Leonardo décide de prendre la matinée pour préparer nos affaires et se rendre au deuxième campement. Un peu avant le zénith, la pluie cesse et nous partons dans un vieux canoë équatorien d’environ 4 mètres vers un mirador (belvédère), un pied-à-terre, une petite marche de 15 minutes en montagnes et nous y sommes. Celui-ci donne une superbe vue sur la jungle de Puyo et sa rivière.
Une petite sieste au campement s’impose. Couchés dans des hamacs sur le bord de la rivière, certains lisent, d’autres écoutent de la musique et d’autres sculptent le bois, tous nous attendons la prochaine visite du petit village de l’autre côté de la rive. C’est vers l’heure du souper que le guide vient nous voir pour nous dire que c’est le moment de partir; nous croyions qu’il venait nous annoncer que ce n’était plus au projet car la noirceur se faisait sentir. Traversant la rivière à bord du même canoë, le village est à environ cent mètres. Arrivés au village, c’est la mère du village qui nous y accueille, elle est appelée ainsi car elle est la plus âgée et a enfanté plus que les autres femmes. Elle montre à Nancy comment fabriquer les colliers tandis qu’Olivier apprend à disposer les bûches pour faire un feu qui dure des heures. Après une demi-heure d’apprentissage et plusieurs colliers fabriqués, elle nous emmène à la plantation de yucas (patates de la jungle) afin d’y récolter un petit peu de notre souper. Un petit au-revoir et des remerciements en Quechua, leur dialecte, un souper nous attendait de l’autre côté de la rivière. Comme prévu, il faisait déjà noir et traverser la rivière en ce temps nous donnait tous un peu la chair de poule. Sains et saufs, tout le monde est assis à table ce soir-là pour notre dernier souper dans la jungle.
Le troisième jour, tout le monde est fatigué et seulement nous et Leonardo sommes partis pour la 'Chute Secrète'. Une bonne heure d’ascension dans la montagne. Après la pluie de la veille, le terrain est extrêmement glissant et salissant, nos pieds s’enfoncent dans la boue et nos bottes en sont remplies. La chute secrète porte bien son nom, nous avons dû nous déshabiller et laisser nos choses derrière nous car le seul moyen de s’y rendre est de nager dans la rivière, entre un immense corridor de pierres très étroit pour ensuite découvrir cette deuxième merveille cachée, un autre bassin naturellement formé avec des murs de pierres tout autour. Il y avait même un arbre duquel nous pouvions sauter, au grand plaisir d’Olivier.
Revenant au camp en un temps incroyable, nous avons eu le temps de dîner avant de dire adieu à la jungle et ses superbes attraits, pour revenir à la civilisation. Nous capturons notre dernier moment en groupe à l’aide de notre appareil photo et nous remercions notre guide avant de retourner à nos petites auberges.
PAULETTE CARON
Commentaire mis en ligne le 1er octobre 2008SUPERBES PHOTOS
VOUS AVEZ RELEVÉ DES BEAUX DÉFIS. SURTOUT GARDEZ LA FORME !!!!!