Un air de déjà vu
Dans la nuit de mardi à mercredi, je circulais vers chez moi, dans le Nord, et je trouvais qu'étrangement et de façon inquiétante, tout autour de moi avait un air de déjà vu.
Toutes sortes de choses que j'avais reléguées au fond de ma mémoire sont remontées d'un seul coup à la surface. Le vent, les gros flocons de neige, mes pneus qui chancelaient sur une chaussée glissante…
Ce matin, j'écoutais la radio et j'entendais parler des pannes d'électricité dans les Laurentides et du courant qui ne reviendrait pas avant quelques jours…
Je ne sais pas pour vous, mais je crois que je suis encore dans un état post-traumatique causé par le dernier hiver que nous avons connu. Et pourtant, j'adore l'hiver. Cette saison propice au recul et à la réflexion est précieuse pour moi. Je l'aime encore davantage depuis que je réside dans Lanaudière, il me semble que j'ai tellement plus la chance d'apprécier sa beauté. Entourée de nature, de lacs et de bois, le temps hivernal prend un autre sens. En effet, il prend tout un autre sens lorsque, comme le 8 mars dernier, je laisse mon véhicule à l'entrée du domaine où j'habite pour terminer le chemin à pied, pesant le premier pas sur une route qui semble inhabitée. Il prend tout un autre sens lorsque je décide de me doter de pneus cloutés en février parce que la seule éventualité d'une nouvelle chute de neige m'empêche de trouver le sommeil. Un sens qui m'était jusqu'alors inconnu.
Je vais sans doute m'habituer, avec les années. Je vais sans doute, éventuellement, cesser de me ronger les sangs dès que quelques flocons parsèment le ciel. Mais pour l'instant, avant même que l'Halloween ne soit passée, je trouvais que les prévisions météorologiques avaient vraiment trop un air de déjà vu.