Une journée de travail au Niger.
En direct du Niger, Yvon Desrochers, conseiller en développement communautaire pour le CSLS-CHSLD-Meilleur, nous livre un résumé de ses péripéties. Il travaille, là-bas, pour le compte du Carrefour canadien international. Suivez les états d'âme du voyageur dans nos pages ainsi que sur notre site web.
La 4/4 est toute propre pour ce périple en brousse. Adamo, l’intrépide conducteur est impatient de tester les limites de cette vieille voiture dans les chemins sableux que nous franchirons bientôt. Badio lui, mon collègue nigérien, continue comme toujours à nous faire rigoler avec son humour intelligent.
Nous voilà partis! L’objectif est d’acheter des sacs de grains de maïs pour les banques céréalières de village et d’évaluer le fonctionnement de groupements féminins . Ces groupements opèrent des banques communautaires de céréale. Cela sert à approvisionner, à coûts raisonnables, les villageois en céréales lorsque la réserve de la production locale est épuisée. Les groupements organisent aussi des ateliers d’alphabétisation, offrent des possibilités de micro-crédit aux femmes du village et favorisent l’implantation d’activités génératrices de revenus comme la production du beurre de karité ou d’artisanat.
Tout le long de ce chemin cahoteux, on traverse la savane africaine. De petits villages constitués de huttes bâties de murs d’argile et de toit de paille agrémentent le parcours. Puis petite pause dans l’un des villages pour manger le foie de mouton grillé sur le feu de bois. Très bon ! Nous traversons ensuite d’interminables champs de mil, parsemé d’arbres de karité. Le mil est une céréale constituant la base alimentaire des villageois.
Arrivés à la destination, soit un village en bordure du fleuve Niger, tous les gens s’affairent au commerce du maïs. D’énormes pirogues ont permis le transport de la marchandise, produite au Bénin, pays que l’on aperçoit de l’autre côté de la rive. Les hommes musclés débarquent avec effort les gros sacs de grain en les transportant sur leur tête sous le fort soleil de midi. Près de là, les femmes des groupements négocient, avec fermeté, le prix avec les hommes béninois. ça discute beaucoup!
En fin de journée, une réunion avec les membres d’un groupement est organisée. Une expérience inoubliable ! Une vingtaine de femmes, habillées de leurs costumes traditionnels colorés me saluent de leur beau sourire. Badio agit comme traducteur et je débute mon interview. C’est un défi professionnel de m’adapter à leur culture. La présidente et les leaders du groupement répondent aux questions. Puis tout le monde se met à parler en même temps! « Badio, Badio qu’est-ce qu’elles disent? », dois-je répéter . Et ce manège se poursuit tout le long de la réunion. La chaleureuse applaudissement qu’elles me font à la clôture de la réunion m’émeut.
Je constate l’impact considérable de leurs actions qui permettent une plus grande autonomie des femmes dans le village et favorisent l’égalité hommes/ femmes. Leurs activités sont indispensables pour assurer une sécurité alimentaire aux hommes, femmes et enfants du village.
Ces groupements reçoivent de petites subventions de programmes canadiens et québécois fort utiles pour améliorer les conditions de vie de ces villageois et favoriser leur autonomie.
Pour Noël, je vous prépare une chronique sur les enfants du Niger. À bientôt!