Une loi pour le caoutchouc
Et voilà, c'est fait. Plus besoin de se demander quand ça arrivera. Demain ou après-demain ou dans une semaine. La première vraie neige est tombée du ciel. Youppi!
En retournant vers mon coin de pays, un certain soir de la semaine dernière, je suivais, à la queue leu leu, une dizaine de voitures qui freinaient sans cesse et qui circulaient, sur une grande route, à une vitesse moindre que la limite en zone scolaire.
Je pouvais très bien distinguer, au loin, le pourquoi de ce ralentissement dérisoire. Parce qu'il ne neigeait plus. Parce que la chaussée était déblayée. Parce qu'il n'y avait aucune raison de ne pas pouvoir rouler à plus de 30 km/h, sauf… si on n'a pas de pneus d'hiver. Je pouvais voir le chef de file, qui tanguait de tous les côtés et qui devait se cramponner à son volant. Bien que ce soit presqu'une certitude qu'il neige toujours avant le 15 décembre, je me suis dit que j'allais être indulgente. Après tout, la loi n'entre en vigueur que dans deux semaines. Mais quand même, je n'en reviens pas qu'il faille une loi pour qu'au Québec, là où l'hiver est rigoureux et dure plusieurs mois, les gens installent des pneus d'hiver sur leur voiture. Je sais bien que ça coûte cher, les pneus d'hiver. Cependant la vie, la nôtre et surtout celle des autres, combien vaut-elle? Les gens peuvent bien risquer de se casser le cou si ça leur chante. Ça leur appartient. Moi, je pense aux innocents qui ont, eux, pensé à leurs pneus d'hiver. Aux familles, aux jeunes enfants, qui sont les potentielles victimes de ceux qui ont voulu économiser sur la sécurité. Oui, je suis bien heureuse de cette loi. Des fois, ça prend malheureusement du paternalisme pour responsabiliser les gens. De grâce, si vous avez décidé de passer outre à cette loi, taisez-vous.