Un loup dans la bergerie
On vient tout juste d’apprendre, de la bouche du Ministre de l’environnement, Jim Prentice, que le gouvernement Harper a nommé son représentant au sein du comité de travail conjoint Canada USA sur les énergies propres.
Il s’agit de nul autre que M. Charlie Fischer, jusqu'à récemment PDG d’une firme impliquée dans le développement des sables bitumineux. Drôle de signal n’est-ce pas?
C’est suite à la visite du Président Obama à Ottawa en novembre dernier qu’a été mis sur pied ce processus de collaboration sur la question de l’énergie propre; il était alors question de lutte contre le réchauffement climatique. On sait que, contrairement à son homologue du Nord, M. Obama a des objectifs très ambitieux en matière de réduction des Gaz à effet de serre.
Revenons à M. Fischer. Il était, jusqu’en décembre 2008, Président ainsi que responsable des finances au sein de la compagnie Nexen. C’est également à cette date que la compagnie Nexen a allongé la somme de 735 millions de dollars dans le projet de sables bitumineux de Long Lake en Alberta.
Toujours en décembre dernier, M. Fischer détenait 500 000 actions ordinaires de la compagnie Nexen, évaluées à 9,5 millions $. Il est impossible à ce moment de dire si M. Fischer détient toujours ces actifs mais disons que ça regarde mal.
Le Sierra Club du Canada pense que le gouvernement du Canada se présente à ce comité de travail conjoint Canada-USA sur l’énergie propre avec une idée centrale en tête : celle d’obtenir pour les sables bitumineux, un statut spécial, un statut d’exception. On chercherait ainsi à échapper aux contraintes d’émissions de GES qu’imposerait nécessairement un système nord américain de réduction des émissions polluantes responsables des changements climatiques.
Hélas, c’est bien ce que je pense également.
Toute cette affaire est navrante, comme à peu près tout ce que le gouvernement Harper entreprend en matière de lutte contre les changements climatiques.
Outre le fait qu’on est en droit de se demander si M. Fischer n’est pas en conflit d’intérêt, il y a toujours bien des limites à rire du monde et tenter de faire croire que les sables bitumineux sont de l’énergie propre!
Steven Guilbeault
hélène Perras
Commentaire mis en ligne le 26 avril 2009cher monsieur,
Oui, il y a une limite à rire du monde. Merci pour cette enquête révélant les intentions de M. Harper quant aux GES.
Relativement aux GES, justement, je me demande qui ferait l'évaluation, quel étudiant ou journaliste pourrait plancher sur le coût total de notre industrie de guerre. Je pense à la production des armes et aux fournitures de guerre, à leur transport ici et outre-mer, aux essais et aux feux des mitrailleuses, aux exlosions de bombes, torpilles et autres joujoux, aux incendiess allumés par nos tirs. Sans oublier les déplacements des soldats. Quelle en est la consommation en carburant? Comment se chifrent en GES le dégagement en co2 de nos camions, chars d'assault, avions et navires. J'ofrirais bien une bourse d'études à cet effet. À exclure de l'étude, les larmes des victimes qui ne dégagent pas, à ce que je sache, de gaz à effet de serre. Hélène Perras