Yvon Beaudoin et sa femme, Lucienne Jean-Laurent. (Photo : courtoisie)
Haïti: le Repentignois Yvon Beaudoin a enfin des nouvelles de sa femme
Enceinte de sept mois, elle a perdu un fils à naître
par Jean Numa Goudou
Lucienne Jean-Laurent, la femme du Repentignois de race blanche Yvon Beaudoin, dont il était sans nouvelle est bien vivante. M.Beaudoin a eu finalement des nouvelles deux jours après avoir cru, à tort, que sa conjointe enceinte de sept mois « n’était plus là ».
Toutefois il y a, en même temps, une moins bonne nouvelle. Son fils qu’il attendait au mois de mars n’est plus. « Il est mort à sept mois, elle (Lucienne) a fait une fausse couche à la suite du séisme », apprend le Repentignois.
Depuis qu’il a eu des nouvelles par l’entremise d’une cousine à sa femme qui vit à Miami en Floride, Yvon Beaudoin débute une course contre la montre pour faire venir sa femme. Lundi il a attendu plus de 2h en ligne devant les bureaux de Immigration Canada à Montréal pour obtenir un formulaire spécial.
Ce formulaire de six pages est donné aux proches parents qui veulent demander une accélération dans le traitement des dossiers de parrainage des leurs pris dans le chaos en Haïti.
De guerre lasse, M. Beaudoin, ainsi qu’une ligne interminable de gens quittent bredouilles la file. Il n’a pas reçu le formulaire en question de la part du gouvernement. « Je me suis fait promener partout, dit-il, finalement c’est une dame, une Haïtienne, qui était là depuis 7h du matin et qui l’a obtenu vers 10h qui m’a fait des copies. »
Présentement, Lucienne se trouve dans une petite localité très éloignée à Léogane (Sud-Ouest de Port-au-Prince), une ville dévastée à 90% selon la Mission des Nations unies en Haïti.
« Ils n’ont plus rien à manger et boivent de l’eau de ruisseau, je ne sais pas combien de temps cela va durer », lance M. Beaudoin qui a déjà été dans cette localité (lors de son voyage de noce en juin 2009) où il manque de tout.
« Il faut qu’elle sorte de là qu’on l’amène dans une ville le plus proche possible de l’aéroport de Port-au-Prince. J’irais la chercher en République Dominicaine s’il le fallait, affirme l’homme l’air désespéré, je suis prêt à tout faire pour l’amener ici ».