Prédiction olympique
Dans quelques jours débuteront à Vancouver les XXIe Jeux olympiques d’hiver.
Depuis des mois, nous entendons et lisons un peu partout dans les médias que cette année sera une année faste pour le Canada, que nous remporterons plus de médailles que nous n’en avons jamais remporté, et certains vont même pousser l’arrogance à prétendre que le Canada sera le pays qui ressortira avec le plus grand nombre de médailles olympiques.
La raison en est fort simple : jamais n’avons-nous eu autant de champions du monde ou de vice-champions qu’en ce moment. Tout le monde est sur un high, au sommet de son art, et comme diraient les astrologues : « les planètes sont alignées ».
C’est très bien d’être confiant et d’avoir une attitude de gagnant, ceux qui me connaissent savent à quel point je fais partie de ces gens positifs qui croient en ces méthodes, sauf que ceci appartient aux athlètes et pas aux spectateurs.
Les spectateurs sont là pour supporter et appuyer les athlètes et non pour « attendre des résultats ». Rappelez-vous Turin, alors que les premiers résultats escomptés ne sont pas venus.
Les manchettes négatives n’ont pas tardé à pleuvoir : Déception pour le Canada. Un autre espoir de médaille envolé. Les médailles se font attendre. Où sont les médailles promises?
Et j’en passe et des meilleures.
Puis, sont venues les médailles que l’on n’attendait pas.
Ainsi va le sport, ainsi va la vie, particulièrement aux olympiques.
Tous les athlètes qui se présenteront aux diverses compétitions sont les meilleurs de leur pays dans leur discipline, les meilleurs au monde. Au monde! Souvent, il faut les départager aux points, à quelques points de différence, à la fraction de seconde, alors il suffit de si peu…
Les deux prochaines semaines, j’applaudirai les performances de ces très grands athlètes à commencer par ceux de mon coin, de ma province, de mon pays, bien sûr, mais je ne m’empêcherai pas de me pâmer des exploits d’un sportif qui vient d’ailleurs, mais surtout, je ne jetterai pas la pierre à un athlète d’ici ou d’ailleurs qui aura connu une contre performance ou une baisse de rendement, car c’est sur cette base que l’on fait la compétition sinon, on n’a qu’à donner les médailles aux favoris et s’en retourner chacun chez soi.
On pourrait économiser une fortune.
En écrivant ces lignes, j’ai une pensée pour les Saints de la Nouvelle-Orléans, qui étaient les négligés. J’avoue candidement, j’ai toujours un faible pour les négligés.
À en croire tous les spécialistes, les Colts n’allaient en faire qu’une bouchée.
Hé bien, la bouchée a été trop grosse à avaler et les Colts se sont étouffés.
Les Saints étaient-ils si mauvais sur papier pour que tous les spécialistes se trompent?
Pas du tout. Les Colts ont-ils à leur tour été si mauvais pour perdre? Pas plus.
Le fait est que malgré que les deux équipes aient été à des niveaux similaires, il n’en reste pas moins que les Colts étaient favoris. Ils n’ont pas, non plus, à rougir de leur performance.
Il en va de même pour nos athlètes qui s’apprêtent à donner tout ce qu’ils ont dans le ventre pour tenter de monter sur la plus haute marche du podium.
Encourageons-les, supportons les, et quel que soit leur résultat, félicitons-les.
Si les médailles viennent, tant mieux, sinon, tant pis.
Vous pourrez être assurés qu’ils donneront tout ce qu’ils ont car pour certains, une médaille olympique signifie beaucoup. Que ce soit au niveau financier, pour obtenir des commanditaires ou autre, une médaille demeure la quête ultime de chaque athlète, et c’est pour cette raison que ceux qui sont quatrième, cinquième ou sixième au monde feront tout pour gravir quelques échelons afin de détrôner un médaillé.
Ce qui n’est pas sans me rappeler le geste d’altruisme ultime de l’entraîneur norvégien Bjoernar Haakensmoen qui avait donné son bâton de ski à Sara Renner du Canada lors des jeux de Turin. Sara Renner et Beckie Scott ont remporté la médaille d’argent alors que les norvégiennes terminaient quatrièmes. Ça, c’est de l’esprit sportif.