Rat de placard
Il m'arrive d'aller dîner à la maison. Mais la semaine dernière, je ne m'attendais pas à ronger mon sandwich en compagnie d'un rongeur (!) Je me suis rongé les sangs pendant une heure.
Aussitôt la porte ouverte de la chambre à coucher, j'ai entendu gratter dans la penderie. M'approchant sur la pointe des pieds, le grattement se faisait de plus en plus soutenu. « Oh non! Pas un rat », me suis-je dit, toute affolée. « Pas un rat, pas chez moi! » Déjà conquise par l'idée du rat, je n'ai trouvé aucune autre défense que de refermer la porte violemment. Après tout, je ne suis pas une Ninga Turtle! Je ne chasse pas les rats d'égout new-yorkais! Encore moins les rapaces repentignoises. Comme dans un film d'horreur, j'ai collé l'oreille sur la porte. Devinant ma présence, l'animal sans scrupule s'est mis à gratter sur la cloison qui nous séparait lui et moi. « Le salaud », me suis-je repris. « Je vais lui envoyé un homme, le mien, pour qu'il lui fasse la peau! »
Fin d'après-midi, l'homme-exterminateur arrive à la maison avec un piège à rat. « On va lui mettre de l'emmental, a suggéré l'homme. Il ne pourra résister. »
Mais le rat était un fin renard… Rien à foutre de la trappe, encore moins du fromage suisse ! Il nous a fallu dormir avec un rat, endormi, je suppose, au fond du placard. Une bonne partie de la nuit, j'ai attendu qu'il bouge un peu. Et moi, je me rongeais les ongles mentalement. Ce n'est qu'au lendemain matin qu'il s'est remis à gratouiller. Recroquevillée sur mon lit, j'ai appelé les secours.
Eh ben le « rat », c'était une vibration. Deux portes de placard qui « grattent » ensemble quand un camion passe sur la rue. Vous pouvez bien rire.