Tare humaine
Aux prises avec une gastro-entérite, avachie sur mon divan pour regarder la télé, j'ai longtemps zappé. Suis tombée sur les Grands Reportages à RDI: « La vraie vie des mondes virtuels »… me suis rendue compte que le monde était bien plus malade que moi.
J'y ai rien compris. M'enfin presque. De ce que j'ai saisi, il existe des jeux de rôle massivement multijoueurs, des MMORPG. C'est un mélange de chat, de jeu vidéo et de vraie vie. Au lieu d'avoir un simple nickname, le participant possède aussi son personnage. L'« Avatar » détient sa propre personnalité, ses atouts physiques, ses forces et ses faiblesses. C'est comme un prolongement de soi dans l'univers virtuel ou mieux encore, un Sursoi sur le Web.
Y'a même un gars qui a acheté un astéroïde virtuel avec 100 000 beaux dollars bien réels. Là-dessus (nulle part?!), il a construit 1 000 condos et une boîte de nuit (toujours virtuels). En parallèle, y'a des vrais humains qui achètent ces faux appartements, qui les meublent et qui s'achètent des fringues 3D pour pouvoir aller danser sur l'astéroïde avec tout plein d'autres Avatars de partout dans le monde. Une communauté virtuelle.
S'entend que l'imaginaire a toujours jouit de sa place au soleil et c'est tant mieux. De là nous sont venus les plus brillants héros, les Seigneurs des Anneaux et les Astro le p'tit robot. Mais là où je débarque, c'est quand l'individu ne distingue plus la réalité du monde virtuel. De l'argent sonnant pour assouvir des besoins discordants. Besoin de se sentir moins seul, besoin d'être puissant, de se sentir plus vivant. Mais en réalité, derrière un écran, c'est tout le contraire qui se produit. L'individu est de plus en plus isolé, moins vif. Devenu dépendant, il devient aussi une sorte de loque humaine. Pas beau à voir l'Avatar…tare humaine.