L'artisan Jean-Pierre Gauvreau à l'œuvre dans son atelier.
Le joaillier aux mains d'or
Jean-Pierre Gauvreau, créateur de bijoux
Dans la tête de Jean-Pierre Gauvreau, il y a un coffre rempli de bijoux. Broches, pendentifs, boucles d'oreilles, bagues. Surtout des bagues. Carrés, sculpturales, asymétriques, les bagues du joaillier Jean-Pierre Gauvreau prennent la forme que son imaginaire lui dessine.
Depuis 30 ans, Jean-Pierre Gauvreau crée des bijoux. Après toutes ces années passées à imaginer des œuvres plus originales les unes que les autres, le joaillier avoue que son art est devenu une habileté naturelle au fil des ans. Pourquoi les bijoux? «Quand j'ai vu ce que faisaient les sculpteurs finlandais, ça m'a allumé. Je me suis rendu compte qu'il y avait moyen de faire autre chose que des bijoux traditionnels», raconte le joaillier.
Il n'y avait pas d'école des métiers d'art en 1972. M. Gauvreau a donc dû se trouver un maître pour apprendre les rudiments de la joaillerie. Pendant un bon moment, il apprendra son métier en expérimentant, en faisant de la recherche.
Un peu plus tard, en 1978, il fera une formation à L'École de joaillerie et de métaux de Montréal. Puis, il s'établit à Repentigny. En 1985.
À partir de ce moment, l'artisan aux mains d'or se consacre à ses collections de bijoux. Certaines prennent jusqu'à cinq années pour être complétées. Ce qui l'inspire? «Je me laisse porter par le courant», révèle-t-il.
Le joaillier travaille actuellement à sa neuvième collection dont le point de départ est la volumétrie. À la différence des collections antérieures, le créateur n'a pas voulu se fixer de thème ni même de sous-thème. «Je n'ai pas de limite dans la masse et la volumétrie. Les matériaux me donnent une liberté totale.»
«Il s'agit d'une approche très rapide de l'utilisation du matériau, à la fois raffinée et directe», explique le créateur. Ce dernier pense qu'il aura de l'inspiration pendant encore au moins deux ans pour cette collection. «Je trouve ça hyper rigolo à faire. J'ai beaucoup de plaisir en la créant.» Il a même trouvé une façon tout à fait originale de présenter ses nouvelles bagues; il a fabriqué une monture dans les mêmes métaux et aux formes diverses qui viennent accueillir ses œuvres d'art.
Il travaille aussi bien avec l'argent qu'avec l'or. Il y ajoute aussi d'autres matières comme des pierres. Le diamant de couleur bleu ou vert en plus de l'éternel blanc.
Méthode
Lorsque le joaillier définit un modèle, il a recours au procédé de la fonte à cire perdue pour le créer. Dans un premier temps, il façonne une forme positive en cire ou en polystyrène modelée et soudée, puis fabrique un moule-enveloppe négatif en plâtre. Une fois le plâtre durci, il le met au four. Ensuite, le métal est fondu dans un creuset électrique ou à la torche oxy-propane. Il est ensuite débarrassé des scories de surface, puis coulé par force centrifuge dans le moule qui subit ainsi une rotation rapide permettant l'acheminement du métal dans l'empreinte de manière homogène grâce à une centrifugeuse horizontale ou verticale à ressort.
Une variante de la fonte à cire perdue consiste à vider de son air le moule avec une pompe. Le vide atteint, le métal peut être versé en fusion dans le moule sans qu'aucune bulle d'air ne se forme.
Une fois le métal figé suivant l'une de ces deux techniques, le joaillier brise le plâtre et extrait le métal brut qu'il sable pour en effacer toutes les stries. La finition se fait par le polissage du bijou à l'aide d'une pâte abrasive qui élimine les traces de sablage et une crème à polir qui fait ressortir la brillance du métal. Les bijoux sont ensuite couverts d'une patine qui préserve les métaux.
Honneurs
La liste des réalisations de l'artiste-joaillier est longue. Son curriculum vitae prouve hors de tout doute qu'il n'a pas chômé. En 30 ans, l'artisan aux mains d'or en a réalisé des choses. Il a participé à plus d'un salon d'exposants: Montréal, Calgary, Vancouver, Los Angeles, Avignon. Et la liste s'allonge encore.
Il s'est vu attribué une foule de prix et de distinctions toutes aussi intéressantes et valorisantes les unes que les autres: 1er Prix Excel-Art, 1996, Prix reconnaissance, secteur culturel, de Ville de Repentigny, 1992, Prix Jean-Marie-Gauvreau-Molson, à deux reprises, ainsi que bien d'autres. Son expérience professionnelle ne s'arrête pas à son atelier de création. Jean-Pierre Gauvreau a maintes fois enseigné son art que ce soit au Centre Saïdie Bronfman ou au Centre de formation professionnel de Québec.