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Le virus du SIDA entraîne encore le désoeuvrement en 2006

Bilan de la conférence du 1er décembre

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 11 décembre 2006 à 9:14
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Le virus du SIDA entraîne encore le désoeuvrement en 2006
Véronique Lamarche, agente de sensibilisation et Marie-Claude Fortier, intervenante sociale, représentaient la Maison Sainte-Famille Tom-Dee, en compagnie du journaliste scientifique Yanick Villedieu et du docteur Amir Khadir.(Photo:Courtoisie)
Le virus du SIDA entraîne encore le désoeuvrement en 2006
Bilan de la conférence du 1er décembre
Les responsables de la Maison Sainte-Famille Tom-Dee ont tenu une conférence sur le VIH/SIDA, le vendredi 1er décembre dernier. Invités à dresser le bilan de la situation actuelle au Québec et dans la région de Lanaudière, le journaliste scientifique Yanick Villedieu et le Dr Amir Khadir ont évoqués des faits historiques et médicaux concernant la maladie qui représente toujours la 4e cause de décès à l’échelle mondiale.
Au Québec, un individu contracte le virus du SIDA toutes les six heures, et près d’une personne sur trois ignore qu’elle est séropositive. Compte tenu du fait que l’on peut attendre jusqu’à 17 années avant que les premiers symptômes du SIDA ne se manifestent, la lutte contre cette terrible maladie est loin d’être gagnée. Ne démontrant aucune discrimination, le virus du VIH/SIDA est toutefois souvent associé de près ou de loin à la pauvreté, puisque « c’est soit la pauvreté qui permit à cette personne d’être infectée, soit c’est l’infection qui l’a plongée dans la pauvreté », selon le docteur Amir Khadir, médecin pratiquant au CH Pierre-Le Gardeur. Le microbiologiste fortement impliqué au sein du parti Québec Solidaire a d’ailleurs ajouté qu’une volonté politique affirmée était nécessaire en vue d’enrayer la pandémie de SIDA.
Un support indispensable dans la région
Oeuvrant exclusivement auprès des individus atteints du VIH/SIDA, les responsables de la Maison Sainte-Famille Tom-Dee cherchent à leur offrir un espace de vie, tout en leur procurant un maximum d’autonomie, un support mutuel et des soins de qualité. Des personnes venant de recevoir leur diagnostic à ceux qui désirent finir leurs jours dans un environnement paisible, Véronique Lamarche, agente de sensibilisation et Marie-Claude Fortier, intervenante sociale, accueillent cinq individus à la fois au centre et ont vu passer près de 50 personnes provenant de tous les milieux sociaux au cours des quatre dernières années.

Unique ressource du genre dans la région, la Maison Sainte-Famille Tom-Dee doit gérer une liste d’attente qui malheureusement s’allonge, et les subventions se font attendre pour ouvrir les lits actuellement vides.
Un meilleur accès aux traitements
Malgré le coût élevé des traitements antirétroviraux disponibles sur le marché, il est encourageant d’observer le fait que 25 % des porteurs du virus ont accès à la médication, bien que pauvres pour la plupart. Le Dr Khadir a néanmoins tenu à rappeler qu’il n’existe aucun remède ou vaccin au virus du VIH/SIDA à ce jour. Le terme « Maladies Transmises Sexuellement » (MTS) ayant récemment été changé pour « Infections Transmises Sexuellement ou par le Sang » (ITSS), les informations peuvent être biaisées, particulièrement dans le cas des jeunes, qui ne bénéficient plus des cours de Formation personnelle et sociale (FPS), dont le programme dispensait des renseignements à ce propos.

De toute évidence, les informations parvenant aux jeunes sont incomplètes ou incorrectes, étant donné que le taux d’infection au virus du SIDA a augmenté de 40 % chez les jeunes filles de 14 à 25 ans au cours des dernières années. Les réformes de l’éducation ayant mis l’éducation sexuelle de côté, ce sont les jeunes qui en souffrent, et les cas de chlamydia, gonorrhée et d’herpès ont également considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, toujours chez les jeunes Québécois. Le fait que le terme « maladie » ait été remplacé par celui d’« infection » a peut-être aussi contribué à la recrudescence de diagnostics, le terme « infection » procurant notamment une illusion d’absence de réel danger.
Quand l’histoire rencontre la médecine
La salle était loin d’être comble lors de cette conférence, ce qui pourrait peut-être refléter la perception de la maladie, étant donné le fait qu’on l’évoque de moins en moins souvent dans les médias…La réalité est toutefois impossible à éviter. Le journaliste scientifique qui a notamment fait partie de l’équipe de Radio-Canada, Yanick Villedieu a néanmoins soulevé un point positif entraîné par l’apparition de la maladie, il y a de cela 25 ans. En effet, le SIDA a grandement contribué à changer la médecine, étant donné la peur que le virus suscitait parmi la population, qui a soudain voulu en savoir plus au sujet de celle-ci ; « il y a des gens de médecine, des gens du communautaire, mais aussi des gens de la population, et la maladie n’est pas prise uniquement sous l’angle médicale mais aussi sous l’angle humain, social, et spirituel, entre autres. »
De l’information accessible
Les deux responsables de la Maison Sainte-Famille Tom-Dee ont profité de la conférence pour présenter la pochette « Sécurisexe », fabriquée en tissu, où l’on retrouve un condom, du gel lubrifiant, un antibactérien et un guide d’utilisation rigolo destiné aux jeunes en particulier.

Excellent outil en vue de transmettre des informations véridiques, le nouveau site internet du centre de soins a été lancé officiellement lors de la conférence. Contenant la mission, les services et les coordonnées de la Maison Ste-Famille, le site web propose aussi des statistiques sur les ITSS et des liens pratiques pour trouver des renseignements sur le « sécurisexe » et la lutte contre le VIH/SIDA. Ce site se retrouve à l’adresse www.geocities.com stefamilletomdee/.

Les intervenantes de la Maison Tom-Dee offrent finalement une ligne d’information et références vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ce sept jours par semaine, au (450) 961-4447.
La maladie n’a encore que 25 ans et pourtant comporte toute une histoire, et malheureusement, énormément de tabous.
Yanick Villedieu, journaliste

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