Pas un cadeau
Quand je pense à mes Noëls d’enfance, je me dis que mes parents ont été d’une patience d’ange, car mes deux frères, et surtout moi, étions loin d’être un cadeau…
Tout d’abord, j’étais tellement énervée que j’en vomissais (à moins que ce soit la quantité industrielle de pâte à tartes que je dérobais en cachette pour la dévorer crue…) Ensuite, alors que ma mère avait réussi à m’enfiler une robe, pour une rare fois dans l’année, je déchirais mes collants au bout de cinq minutes à force de me tirailler et j’arrivais chez ma tante toute échevelée, les yeux rouges et un soulier en moins…Bref, il n’y a pas grand-chose qui ait changé aujourd’hui.
Ensuite, je passais mon temps à me chamailler avec mes frères, et quand je m’entendais bien avec l’un, c’était seulement pour nous puissions nous acharner sur l’autre, en complices de crime que nous étions. Mais ce que je préférais par-dessus tout, c’était de voir mes grands cousins. Je les admirais tant que je voulais les suivre dans tous leurs coups pendables, tels que séquestrer mon plus jeune frère et le chatouiller jusqu’à ce qu’il soit épuisé, me faire pincer le dessus de la main jusqu’à ce qu’on y aperçoive une trace rosée qui ne disparaissait qu’après deux jours, ou encore, tenter de les impressionner en buvant du cola si vite qu’il me ressortait par le nez, histoire de tacher ce qui me restait de robe…Vraiment, mis à part ma relation avec mes frères, rien n’a changé…
Malgré toutes mes mésaventures, quand je repense à ces souvenirs, je réalise que les cadeaux que l’on m’a donnés sont loin d’être ce que j’ai reçu de plus précieux.
Le plus beau cadeau que j’aie reçu, c’est que mes parents soient un jour tombés amoureux.