Lucie B. Brazeau fait partie des cinq peintres sur soie professionnels au Québec.
(Photos: Roger Lacoste)
Lucie B. Brazeau : peindre la soie, un art en soi
Peindre la soie est un art en soi. Depuis trois ans, Lucie B. Brazeau tente de convaincre tout un chacun que la peinture sur soie doit avoir sa place sur la liste des grands arts. Pas seulement faire la tournée des salons des métiers d’arts.
« Du Grand Art à l'art à porter, la soie offre d'infinies possibilités. De plus, la dualité offerte par ce tissu amène une autre dimension, celle des beaux-arts et des arts appliqués. » Cette définition de la peinture sur soie, c'est celle de Lucie B. Brazeau, convaincue de la noblesse de son art.
Tête dirigeante dans le milieu de la santé pendant près de trente ans, l’artiste-peintre de Repentigny a fait un virage spectaculaire en prenant sa retraite en 2003. Enfin l’occasion rêvée de consacrer ses temps libres à sa passion secrète : les arts. Ce lobby qui occupait jadis le peu de temps que lui laissaient ses responsabilités professionnelles a progressé au fil des ans, faisant d’elle aujourd’hui une femme en pleine maîtrise de ses mains agiles et douées. Quand une telle passion côtoie la raison, l’esprit finit par céder et laisser toute la place au talent créateur. Aucun don créatif ne peut rester dans l’ombre. C’est dans l’ordre des choses, mais Lucie B. Brazeau a décidé que la carrière artistique ne viendrait qu'après celle de gestionnaire et de maman. Famille oblige. En explorant d’autres médiums pendant toutes ces années, l’artiste-peintre a vite compris que la peinture sur soie était l’art qui l’attirait le plus. « J'ai exploité différents médiums et techniques : du crayon au fusain, du pastel à l'acrylique, de l'aquarelle à l'huile, de la peinture chinoise à la plus récente de mes passions, la peinture sur soie. Ces médiums m'ont permis de découvrir de multiples facettes de l'art », explique l'artiste. Proche de l’aquarelle par sa technique de pose de couleurs par étapes, la peinture sur soie ne permet aucune erreur. Elle exige une attention parfaite.
Lucie B. Brazeau adore les arts qui demandent autant de précisions. Après tout, il faut bien un défi à cette femme qui en a tant relevés au cours de sa carrière. « J'aime relever des défis. Je désirais peindre mes émotions à travers un médium qui puisse m'amener à l'ultime combinaison de l'art et de la beauté. Cette approche artistique qui demande persévérance et dextérité à cause de la finesse du détail à réaliser répond entièrement à mon désir. »
Technique de l'art
Pour apprendre son art, Lucie B. Brazeau a pris part à plusieurs stages ci et là : ateliers privés, Conseil de la Culture de Lanaudière, Cégep de Lanaudière. Elle a aussi fait une démarche de recherche plus personnelle pendant quelques années.
Après avoir fait son croquis, Lucie trace son dessin sur le tissu à l'aide d'une guta. Cet outil applique une résine de latex chaude et transparente, dorée ou noire, qui lui permet de délimiter les formes qu'elle remplira de peinture. Les formes ainsi séparées, les couleurs ne fusionneront pas ensemble. Étape cruciale car un mauvais trait ne pourra pas être effacé, la résine étant fixée de façon permanente. C'est là que l'artiste démontre toute son habileté. Elle doit concevoir l'œuvre entière avant même de la commencer. « Peindre la soie, c'est comme une pensée orientale. Pour eux, le projet est conçu et terminé avant même de le commencer », précise la peintre.
En fait, la peinture utilisée consiste la plupart du temps en une teinture qui peut prendre de quelques minutes à quelques heures à sécher.
Pour donner un effet particulier au dessin, Louise utilise le sel parfois aussi le sucre. « Le sucre donne un effet nuageux, écume de mer », indique Lucie.
Ce qui l'inspire ? Les fleurs. Elle les adore. Même si elle reproduit occasionnellement des paysages, elle avoue sa préférence pour les bouquets fleuris multicolores ou la mise en valeur d'une fleur unique. De toute façon, la nature lui insuffle des images à créer, à recréer. « La nature m'inspire. Elle favorise une thématique riche en couleurs et en finesse », confie Lucie Brazeau.
Mais, c'est surtout la technique elle-même qui guide sa création. « L'approfondissement et l'étude des différentes techniques tels le serti, l'anti-fusain, le pochoir, le tachisme, l'effet de paraffine, la technique du sel fin, la technique San-so, m'inspirent et suscitent en moi un désir insatiable de créer », explique l'artisane.
Impressionnant parcours
Artiste à plein temps depuis seulement trois ans, Lucie B. Brazeau présente un parcours impressionnant. Sa feuille de route est jalonnée d'expositions collectives et individuelles. L'artisane n'a pas chômé pendant les trois dernières années. Elle a exposé ses œuvres dans tous les coins du Québec et même au-delà des frontières canadiennes. En 2005, elle a participé à une exposition internationale à Coimbra, au Portugal.
Toujours dans la même année, elle présente ses tableaux à une autre exposition d'envergure internationale en Tunisie cette fois. L'année 2005 est généreuse pour elle. La France l'invite à Chambon sur Lignon à une exposition avec jury où des peintres sur soie de tous les coins du monde sont présents.
Chaque année depuis 2004, ses œuvres figurent au Salon d'automne du Cercle des Artistes Peintres et Sculpteurs du Québec, à Montréal, sous le regard avisé et critique d'un jury. Et ce n'est qu'un aperçu partiel de son parcours. Ajoutons seulement que l'une de ses peintures sur soie est exposée de façon permanente à la Maison de la culture de L'Assomption.
Pour l'année 2007, Lucie B. Brazeau prépare une exposition solo itinérante qui fera le tour du Québec.
Le Brésil est également au programme de la peintre repentignoise pour une autre exposition.
La France l'attend en août à l'Abbaye de Saint-Benoît.
Le parcours de Lucie B. Brazeau démontre que rien ne peut véritablement empêcher une âme artiste de percer, si tel est son désir profond. Elle en est convaincue. « Pour réussir, il faut des rêves et le courage de les poursuivre. »
(Photos: Roger Lacoste)
(Photo:Courtoisie)