La constance du jardinier
Pour moi, la fidélité n'est ni une question de morale, ni de religion, ni même un acte de libération ou délibération sexuelle. C’est une question de raison et de sentiment, de constance et de jardinage. C’est le théorème absolu de l’amour.
Le dictionnaire définit la fidélité comme « une constance dans les sentiments, dans l’attachement ». J’ajoute mon grain de sel au dicto. La constance n’est pas un mot assez fort, car comme l’a déjà énoncé Honoré de Balzac « Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité ». Et sachez qu’ici, j’emprunte l'« homme » de Balzac au sens humain et non masculin du terme.
La distinction entre la constance et la fidélité, n’est ni plus ni moins que l’amour qu’on porte à l’être aimé. L’amour parfois fragilisé, mais profondément enraciné dans le cœur. Un cœur entier et non pas dédoublé.
C'est « La constance du jardinier ». Un peu à voir avec le film, rien à voir avec son satané jardin secret mais tout à voir avec la fidélité. Déjà observé un jardinier à l’œuvre, vous ? Scène empreinte d'intimité. Il faut voir la douceur du geste quand il caresse une fleur, voir le repli de ses mains quand il arrache les mauvaises herbes, son souci du détail même perceptible dans ses rides, son regard qui contemple la beauté. Prendre soin, respecter et aimer sa rose comme le Petit prince de St-Exupéry l’a fait. Malgré les épines. Malgré l’orgueil et la rudesse de la fleur.
Abreuver, planter, semer, tailler, bouturer… offrir les meilleures conditions. Monter un rempart pour protéger son jardin du monde cruel. Continuer de bénir la nature même si les hommes la considèrent alors accessoire. Rien ni personne d'autre autour. Malgré la guerre qui fait rage.