Pause-Quik
« Maintenant, je suis un Monsieur. Je me promène avec une tasse à café au bureau… Y sont pas obligés de savoir que c'est du Quik dans ma tasse. »
Voici texto ce que mon collègue m'a confié à la pause-café. Je me suis aperçue qu'il y avait autant de fierté à se promener dans un bureau avec une tasse fumante que de honte à vouloir siroter un bon Quik chaud.
…D'où les sentiments contradictoires de mon ami. « Le complexe de la pause-café ». Il se sent moins puissant parce qu'il boit du choco… alors il cache son complexe dans une tasse et s'organise pour que l'odeur sucrée se fasse discrète. Comme si le café était réservé aux sérieux de la place, et le chocolat chaud aux jeunots et aux « derniers rentrés ». Comme si c'était moins crédible. J'ai fait ma p'tite recherche dans Google. Rien de sérieux, mais quand même assez révélateur. J'ai tapé « chef d'entreprise + chocolat chaud ». J'espérais tomber sur un témoignage de Bill Gates ou de William Spurr avouant sans fards préférer le chocolat chaud au café… Loin de là! J'ai seulement pu lire un article tiré du magazine français Réussir; un article intitulé « Leçons d'un jeune dirigeant ». Je vous réécris la première phrase: « 8h30 ce matin. Devant un chocolat chaud, Thomas Chaudron déroule sans complexe son parcours. » Dès la première phrase du reportage, on veut souligner au gros trait la jeunesse du gars… il est jeune parce qu'il boit du chocolat chaud.
C'est tout simple comme préjugé, mais ça tache comme du café. J'ai fait un test avec notre machine à café. Sur les 18 saveurs disponibles, les sachets de chocolat chaud sont les plus populaires. En quelque part, mon ami n'est pas le seul à être un consommateur de faux-café… à la pause-café.