Perle noire
Mardi, dans le cahier Actuel de La Presse, on faisait état de l'amitié à notre ère individualiste. L'article m'a interpellée plus que jamais. Une perle à moi est de retour.
Paraîtrait qu'on peut compartimenter l'amitié comme dans un coffre à bijoux. Différents sentiments pour différents modèles: les amis pour la vie, les amis pour le sport, les chums du bureau, les amis du secondaire, les copains de Jules, les amis d'la famille… On met nos pots dans le bon tupperware et ceux-ci peuvent être interchangeables selon l'humeur ou le cycle de la vie. L'idée se tient, c'est vrai. Sauf pour les amis de grande valeur. En tout cas dans mon cas.
Je compte aujourd'hui trois amies fidèles. De ces trois perles rares, il y a la plus rare des gemmes: la légendaire perle noire. « Noire ?! »… elle rirait sûrement! Elle-même se compare à un mouton foncé. En réalité, elle se rapproche bien plus de la perle que du mouton! Comme pour la perle de Tahiti, la perle noire est un miracle au quotidien. Or justement, je l'avais perdue en même temps que mon quotidien en sa compagnie.
On dit que la perle noire séduit par ses qualités dites « lunaires »: une densité des couleurs associées à une luminosité intérieure tout en profondeur. C'est ce que j'ai vu en elle dès le premier jour où on s'est parlé. Et j'ai revu la même chose lorsqu'elle a récemment regagné mon récif. L'amitié peut être mise à rude épreuve… Se rappeler qu'il suffit d'un grain de sel pour qu'une perle se forme..! Tapies au fond des eaux, elles attendent ensuite qu'on les repêche. Pour nous deux, il a fallu « rouler en huîtres » (!) pendant un an. So, toujours aussi rare, ma perle noire possédait la même valeur indéfectible.