Sein Valentin
L'importance de la rose rouge comme « fleur des amoureux » est solidement ancrée. Mais à la Saint-Valentin, sa poésie se voit édulcorée quand tous les Roméo de Joliette vont acheter des roses à la sauvette. La rose perd de son teint parce qu'ils se donnent bonne conscience, parce qu'ils font rougir leur Juliette sans trop d'effort et parce qu'ils se vautrent dans l'évidence de faire la chose.
Pour toutes ces raisons, j’annonce officiellement que si la tendance se maintient, mercredi, le 14 février, à 18h15, je ne recevrai pas de roses rouges pour la fête de l’amour.
Il dit que c’est cliché. Qu’il n’a sûrement pas besoin d’une date sur un calendrier pour offrir des roses à celle qu’il aime. Pas question d'offrir des fleurs par décret, ni même par regret. Par amour seulement, à tous les jours, un 7 juin ou un 16 octobre. De mon côté, j’avoue que la fête –et son suave cortège de fleurs— dégagent un fort parfum commercial. Mais je reconnais qu’il est incontestable qu’elle satisfait un besoin de romantisme. Et… il n'est pas mauvais de consacrer une journée entière à la romance. D'où la rose rouge. Souveraine, elle vient jouer un rôle primordial dans l'expression poétique de l’amour.
La rose peut également concourir à guérir les femmes. Les pouvoirs curatifs de la rose étaient bien connus par les Asiatiques des siècles derniers. Dans le plus ancien livre chinois du monde, les roses étaient considérées comme un remède. Vrai. En 2006, la vente de roses le jour de la Saint-Valentin a permis à la Fondation du cancer du sein du Québec d'amasser plus de 40 000 $. Alors que tous les Roméo (et Jules) se le tiennent pour dit: d’accord pour les roses si c’est pour la bonne cause. Celle de la Sein Valentin.