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L'Écoute, l'outil privilégié dans la lutte à la toxicomanie

Séminaire du Dr Jean Robert à l'UTA

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 2 mars 2007 à 12:19
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L'Écoute, l'outil privilégié dans la lutte à la toxicomanie
L'UTA a reçu la visite du Dr Jean Robert lors d'une conférence qui s'est déroulée il y a deux semaines à Repentigny.(Photo:Roger Lacoste)
L'Écoute, l'outil privilégié dans la lutte à la toxicomanie
Séminaire du Dr Jean Robert à l'UTA
L'Université du Troisième Âge (UTA) a reçu la visite d'un réputé médecin en l'occasion d'une conférence qui s'est déroulée il y a deux semaines. Il s'agissait d'une seconde rencontre avec le Dr Robert, celui-ci ayant discouru sur le Sida pour les membres de l'UTA en 2006.
Invité à prendre la parole au sujet de la prévention et de la lutte à la consommation de drogues, le Dr Jean Robert n'y est pas allé avec le dos de la cuiller, évoquant les beaux maux du système de santé québécois, le qualifiant de « réseau de la maladie ». Dévoué à la cause des malades du Sida, le médecin n'a eu d'autre choix que de s'habituer à des milieux marginalisés. M. Robert doit entre autres travailler avec les détenus des unités spéciales de détention de La Macaza et de Sainte-Anne-des-Plaines pour soigner l'hépatite C et le Sida, alors que 18 % d'entre eux ne possèdent pas de carte d'assurance-maladie, ni de certificat de naissance.
Une lutte mal orientée
« Ce qui est plus terrible, c'est que l'on tente de lutter contre la drogue et la toxicomanie de manière abstraite. On tente de réduire les méfaits et de diminuer la violence les entourant, mais on oublie de soigner les patients pour la cause de leur consommation. Ce n'est pas contre la drogue qu'il faut lutter, mais bien contre les malheurs qui poussent les individus à en consommer. On a beau remplacer la drogue par des médicaments, il n'existe pas de prévention sociale, il n'y a que la « post-vention », et les individus ont énormément souffert avant d'obtenir une aide professionnelle », d'énoncer le Dr Robert, qui observe également de forts liens entre la schizophrénie, un problème très fréquent chez les jeunes et la prise de drogues. L'adolescence entraîne parfois un conflit entre maturation et intelligence émotive, et le cortex cérébral se sent étranger face aux émotions; dans certains cas, la drogue soulagerait temporairement cette situation pénible. « Il importe de comprendre que ce ne sont pas les drogues qu'il faut arrêter, mais bien la souffrance. Les affiches et réclames ne soulagent que les consciences face à une clientèle vulnérable dès le berceau. Il faut cesser de jouer à l'autruche et écouter ces individus qui souffrent. Il faut les respecter d'emblée pour être en mesure de les aider. […] Lorsque je m'occupe de patients, ma préoccupation première est de les faire sentir comme des égaux, comme des humains. Je tente de leur faire refaire le chemin inverse pour leur permettre de revivre. Le seul moyen, c'est de les écouter. Et puisqu'il est difficile de supporter le silence, ils finissent par parler. Cette méthode demande beaucoup d'humilité, étant donné le fait que je dois me taire pour m'ouvrir », d'affirmer M. Robert.
Une sommité internationale
Médecin spécialiste diplômé en microbiologie, infectiologie et en santé communautaire, Jean Robert fait partie du corps enseignant de la faculté de médecine de l'Université de Montréal et de l'Institut Alfred-Fournier de Paris. Il a réalisé diverses missions internationales sous l'égide de l'OMS, dans le but de traiter les ITS et le Sida. Ce dernier a d'ailleurs proposé l'acronyme SIDA (Syndrome d'immuno-déficience acquise) à la suite d'une consultation avec son premier patient atteint de ce virus, en 1980. À vingt décennies passées à l'Hôpital Saint-Luc s'ajoutent de nombreuses publications, entrevues, et interventions dans les médias à l'égard des individus marginaux et démunis, tels les toxicomanes, itinérants, détenus et prostituées qu'il a côtoyés au fil des ans. Jean Robert a récemment installé son cabinet de consultation dans les locaux d'un organisme associatif communautaire, le Centre Sida Amitié des Laurentides, situé à Saint-Jérôme.
Ce n'est pas contre la drogue qu'il faut lutter, mais bien contre les malheurs qui poussent les individus à en consommer.
Dr Jean Robert

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