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L'ACEF Lanaudière… aussi sollicitée qu'une carte de crédit!

L'aide au surendettement a doublé en l'espace de dix ans

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Article mis en ligne le 17 mars 2007 à 8:17
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L'ACEF Lanaudière… aussi sollicitée qu'une carte de crédit!
L'aide au surendettement a doublé en l'espace de dix ans
À croire l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Lanaudière, la journée du 15 mars n’est pas celle du consommateur, mais du « surconsommateur ». Et comment! Si l’endettement lié au crédit poursuit son ascension dans la région, l’ACEF ne pourra plus répondre à la demande.
Jamais la sollicitation au crédit n'a été aussi présente: « 36 versements sans intérêt », « Achetez maintenant, payez plus tard, «Nouvelle chance au crédit »…

« On sait que le taux d’endettement est appelé à exploser. Mais nous, s’il y avait plus de gens qui nous consultait pour de l’aide, on ne pourrait pas servir tout le monde… » Les maux aux portefeuilles sont si lourds dans une proportion de plus en plus grande de foyers lanaudois, que l’ACEF est accotée au plafond.

Chaque année, cette association reçoit 300 nouvelles demandes d’aide individuelle. C’est le double qu’il y a dix ans. Les personnes qui consultent se situent pour la plupart dans la classe moyenne ou ont un faible revenu. Ces personnes sont sur le marché du travail dans une proportion de 50% à 60%.

Il est facile de se laisser gagner par la pensée magique qui va comme suit: « Je travaille, donc je dépense ». Les institutions financières et autres émetteurs de cartes de crédit le savent bien. « L’accès au crédit est plus facile quand on travaille. Alors c’est plus facile de mettre ses besoins sur la carte », note Lise Dalpé, intervenante à l’ACEF. Il semble que la facilité donne plus de légèreté aux consommateurs.

Des aberrations, Lise Dalpé en a vu. Elle énonce le crédit qui permet maintenant d’acheter des êtres vivants, en l’occurrence un animal de compagnie [voir texte ci-bas]. « Il y a aussi cette jeune femme de 20 ans, qui travaille dans un magasin à rayons à 40 heures/semaine, à 8,50$/l’heure, depuis seulement trois mois. Elle fait la demande d’une carte de crédit auprès d’une banque et en obtient une avec une limite de 10 000 $.

Peu de temps après, elle est tombée malade, elle a dû déménager et s’est retrouvée sans emploi », raconte l’intervenante. La suite de l’histoire n’est pas une énigme. « Ça arrive souvent… » Souvent parce que les institutions financières dénouent les pièges de consommation encore mieux que les consommateurs eux-mêmes. « On voit les compagnies américaines gagner du terrain. Elles offrent aux gens une nouvelle carte de crédit à très faible taux pour une période déterminée et pour faire des transferts de solde. Les gens acceptent et transfèrent le solde d’une carte à l’autre, et finissent par remplir la première. On se retrouve alors avec deux cartes de crédit bien remplies. »
Double responsabilité
L'ACEF Lanaudière exhorte les consommateurs à ménager leur crédit, mais soutient que les émetteurs de crédits ont aussi une responsabilité sociale. « Les institutions financières prêtent à outrance et la sollicitation est très exagérée et ce, pendant que les consommateurs font de gros efforts pour maintenir leur crédit en bon état », souligne Mme Dalpé. Il semble que ce laisser-aller soit aussi dénoncé par la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ). En novembre 2006, les associations de défenses des droits des consommateurs se mobilisaient pour demander aux gouvernements du Québec et du Canada d'interdire la sollicitation et la publicité sur le crédit.

Car pour les intervenants des ACEF et autres associations de consommateurs du Québec, les difficultés vécues par le surendettement traduisent un problème de société bien réel. Elles savent que les conséquences se situent au plan humain, par l'éclatement des couples et des familles, l'alcoolisme ou la dépression.
Quelques chiffres
-Il y avait, en 2005, un total de 56,4 millions de cartes de crédit en circulation (Visa et Mastercard seulement). C'est le double d'il y a 10 ans.

-En 10 ans, le montant net en transactions sur les cartes de crédit a plus que triplé.

-En 2004, 87,4 % des faillis avaient des dettes provenant des cartes de crédit

-Plus de la moitié des ménages au Canada (47%) ont dépensé plus que le montant de leur revenu avant impôt. Pour les ménages à faible revenu, cette proportion grimpe à près de 66%.

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