L'affaire « f… French »
Je n'écoute plus le hockey depuis plus de quinze ans…en tout cas depuis que j'ai eu accès au bol de chips sans avoir à me taper la Soirée du hockey aux côtés de mon père. Bon, je l'admets, c'était bien, mais quand les Habs ont vraiment commencé à jouer en habitants plutôt qu'en professionnels, j'ai capitulé.
Tandis que d'ordinaire ils n'attirent pas plus mon attention qu'une citation du pape, les propos de Réjean Tremblay m'ont intéressée cette semaine. Pour faire une histoire courte, Shane Doan, capitaine de Coyotes de Phoenix, aurait traité le juge de ligne québécois Michel Cormier de « Fucking french » au Centre Bell en décembre 2005. En pleine période électorale à cette époque, le député de Bourrassa Denis Coderre s'était alors emparé cette histoire d'insulte raciale pour exiger le renvoi du joueur, ce qui a fait scandale et engendré deux poursuites pour diffamation de la part des deux parties. Ce qui ressort de tout ça est plutôt alarmant; c'est que l'inertie des administrateurs de la NHL dans ce dossier démontre qu'ils n'ont rien à battre du fait que leurs employés francophones soient victimes d'insultes raciales. Il est vrai que le « trash talk », c'est-à-dire des insultes lancées à l'adversaire pour le déstabiliser, se manifeste dans tout sport de compétition. Il n'y a qu'à penser à ceux qui insultent la mère ou la femme du joueur…Mais cela dit, je ne vois aucune ligue professionnelle accepter qu'un joueur se fasse injurier de la sorte. Nul doute que le petit joueur de basketball blanc qui traiterait ses collègues noirs de « fucking n…. » ne pourrait survivre bien longtemps sans que sa tête passe par le panier dans la NBA. Alors pourquoi une insulte basée sur la langue serait-elle plus tolérée que les autres? À quand les accommodements raisonnables pour les francos ?