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A une semaine des élections, les chefs ont les yeux tournés vers Ottawa

Presse Canadienne Article mis en ligne le 1 décembre 2008 à 0:00
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A une semaine des élections, les chefs ont les yeux tournés vers Ottawa
Jean Charest. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz
MONTREAL - A une semaine du scrutin, les chefs des trois principaux partis au Québec avaient tous les yeux tournés vers Ottawa, où la crise politique qui se joue relègue au second plan la campagne électorale.
Pendant que le chef libéral et premier ministre sortant Jean Charest continue de jouer de prudence et refuse de prendre parti dans la saga fédérale, se contentant de répéter qu'elle illustre l'importance d'élire un gouvernement majoritaire pour assurer la stabilité, ses deux adversaires, Pauline Marois et Mario Dumont, ont fait preuve lundi de moins de pudeur.
Mme Marois a d'ailleurs accusé le chef libéral de ne pas défendre les intérêts du Québec dans cette affaire.
"Tout d'un coup, il est disparu, M. Charest, il n'a plus rien à demander (au gouvernement fédéral). Où est-ce qu'il est M. Charest pour défendre nos intérêts?", a martelé la chef péquiste, qui faisait campagne à Montréal.
Mme Marois ne s'est pas offusquée que le chef bloquiste Gilles Duceppe s'allie au chef libéral démissionnaire Stéphane Dion, qui devrait diriger cet éventuel gouvernement de coalition jusqu'à ce qu'il quitte son poste, en mai prochain.
Selon elle, le Bloc québécois a fait preuve de pragmatisme et de sens des responsabilités en obtenant des gains pour le Québec tout en évitant que la crise à Ottawa ne débouche sur une nouvelle élection fédérale qui aurait exaspéré les Québécois.
"Le Bloc québécois a fait plus en quelques jours (pour les intérêts du Québec) que Jean Charest en six ans. Le Bloc s'est tenu debout à Ottawa alors que M. Charest était à genoux", a affirmé la chef péquiste.
Elle a répété que l'énoncé du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, entraîne une perte de 1 milliard $ en paiements de péréquation pour le Québec et ne comprend aucune mesure structurante pour faire face à la crise économique.
Quant au chef de l'Action démocratique, il a prié le premier ministre conservateur Stephen Harper d'"arrêter le cirque" et d'écouter les partis d'opposition, en plus de demander au Bloc québécois de faire un sérieux "examen de conscience".
"Le premier qui doit et qui peut arrêter ce cirque-là, c'est Stephen Harper, en changeant son discours et en écoutant clairement les partis d'opposition", a lancé M. Dumont, qui s'était abstenu jusqu'ici de commenter directement la crise parlementaire aux Communes.
"(M. Harper) est minoritaire et c'est la première règle du jeu pour lui", a-t-il ajouté en en appelant au sens des responsabilités du premier ministre et en lui demandant de "sonner la fin de la récréation", parce qu'il a "mal compris" sa situation minoritaire.
Le chef adéquiste a rappelé que la position de M. Dion héritée du défunt premier ministre Pierre Elliott Trudeau a fait l'objet de motions de l'Assemblée nationale.
"Le Parti libéral du Canada, sous Stéphane Dion, c'est l'ère Trudeau, c'est la vision Trudeau, c'est la Loi sur la clarté référendaire, c'est la suite de Jean Chrétien, c'est centralisateur, c'est tout ce que le Bloc québécois a toujours combattu", a dit M. Dumont, ajoutant que le Nouveau Parti démocratique est tout aussi centralisateur.
Il estime que les bloquistes créeraient une nouvelle catégorie, les "limbes politiques", en participant à une coalition, sans pouvoir dire non et sans être au pouvoir.
La seule position exprimée lundi par M. Charest à propos de ce qui se passe à Ottawa a été de souhaiter un dénouement "le plus rapidement possible".
"Je souhaite, le plus rapidement possible, que nous ayons un gouvernement qui a un agenda qui soit économique", a dit le chef libéral, qui a prononcé en matinée une allocution devant les membres de la Commission de la construction du Québec.
En après-midi, il a fait campagne dans la circonscription de Huntingdon, en Montérégie, où il a visité un verger et un entrepôt de produits à base de pommes.
D'autre part, M. Dumont est revenu à la charge, lundi, concernant l'affaire Lexus.
Devant des militants rassemblés à Louiseville, le chef de l'ADQ a demandé à M. Charest d'annuler la commande d'une luxueuse voiture de fonction pour son épouse. Cette fois, le leader de l'ADQ a mis la controverse en relation avec une éventuelle hausse des permis de conduire, évoquée dans un article du quotidien La Presse de lundi, à la suite des déboires de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
Le Parti libéral a argué que le véhicule, une Lexus hybride, avait été commandé avant le déclenchement des élections et que le coût de sa location mensuelle est inférieur aux véhicules actuels, des Chrysler qui commencent à montrer des signes d'usure.
M. Charest a soutenu que c'était la Sûreté du Québec et non lui qui avait commandé les Lexus, puisqu'il y en aura trois au total.
Toutefois, M. Dumont persiste. Il soutient que ces "véhicules de luxe" ont toujours été exclus des règles d'achat du Conseil du trésor, qui comprennent généralement des modèles de marque Chevrolet ou Chrysler, a-t-il cité.
De même, le gouvernement donne le mauvais exemple en période économique trouble et les libéraux pèchent encore par arrogance, avant même d'être réélus, a-t-il pourfendu.
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