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Duceppe croit que la coalition fera avancer le Québec et l'idée de souveraineté

Presse Canadienne Article mis en ligne le 2 décembre 2008 à 1:00
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OTTAWA - Si les conservateurs ont choisi de présenter le Bloc québécois comme le talon d'Achille de la nouvelle coalition politique, les bloquistes, eux, arguent que le Québec à tout à gagner de l'alliance entre leur parti, le Parti libéral du Canada (PLC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD).
Un gouvernement de coalition permettrait non seulement de faire avancer les intérêts du Québec, mais également l'idée de la souveraineté, a soutenu le chef bloquiste mardi.
"Je pense que tout les gains que nous faisons sont bons pour le Québec, et ce qui est bon pour le Québec est bon pour la souveraineté", a lancé Gilles Duceppe, à la sortie de la période de question.
Avec ses 49 sièges, le Bloc détiendrait la balance du pouvoir d'un gouvernement formé par les libéraux de Stéphane Dion, qui comptent 77 sièges, et les néo-démocrates de Jack Layton, qui en ont remportés 37.
Mais pour les conservateurs, les bloquistes ont simplement signé un chèque en blanc aux "centralisateurs" en concluant lundi un accord de coalition avec les deux autres chefs des partis d'opposition aux Communes.
Le lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper, Christian Paradis, a interpellé M. Duceppe en Chambre en le décrivant comme "son vis-à-vis libéral", "le nouveau lieutenant québécois" de M. Dion.
"Il vient de donner ses sièges au profit du chef libéral. Il vient de trahir ses électeurs", s'est-il écrié, dans l'atmosphère survoltée des Communes.
Ces paroles étaient destinées à hérisser les souverainistes qui n'ont pas oublié que M. Dion a été le père de la loi sur la clarté référendaire du temps qu'il était ministre sous Jean Chrétien.
Mais s'ils auraient visiblement préféré un autre chef à la tête de la coalition, les bloquistes font valoir qu'on ne choisit pas les chefs des autres partis et, qu'après tout, M. Dion quittera la tête du PLC dans seulement cinq mois au terme d'une course au leadership.
"Il ne faut pas regarder qui le signe (l'accord de coalition) mais bien ce qu'on a gagné à l'intérieur de ça", a affirmé M. Duceppe.
Le leader parlementaire du Bloc, Pierre Paquette, a expliqué que lorsqu'a été négocié l'accord de coalition, son parti ne savait pas encore qui serait le chef libéral à sa tête.
"Au moment où on a négocié ça avec eux - j'y étais -, on ne savait pas qui allait être chef parce que les rumeurs circulaient que peut-être (Michael) Ignatieff ou (Ralph) Goodale y seraient", a-t-il affirmé.
La politologue Catherine Côté de l'Université d'Ottawa convient que "ce n'est peut-être pas le chef idéal pour la coalition", mais elle ne croit pas que cela sera suffisant pour que les bloquistes entachent leur image auprès de leurs partisans.
"On savait que Gilles Duceppe est un habile négociateur, et il aurait bien tiré son épingle du jeu", a-t-elle indiqué.
L'accord conclu lundi reprend plusieurs des demandes bloquistes comme l'élimination du délai de carence avant de toucher l'assurance-emploi, le retour de 1990 comme année de référence pour la réduction des gaz à effet de serre ou l'annulation des compressions en culture.
Un bémol, néanmoins: aucun nouveau point pour faire progresser la reconnaissance de la nation du Québec n'a été accordé. C'est d'ailleurs pourquoi le Bloc s'est engagé jusqu'au 30 juin 2010 uniquement, contrairement aux deux autres partis qui se sont entendus jusqu'en 2011.
"On leur a très clairement exprimé le fait que s'ils voulaient prolonger cette entente-là, on n'était pas fermés à des discussion, mais que c'est sur le terrain de la reconnaissance de la nation québécoise, entre autres l'application de la Charte de la langue française sur les entreprises de juridiction fédérale, que les discussions vont se situer", a indiqué M. Paquette.
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