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Solidarité Montréal-Nord se réjouit de l'enquête publique, mais l'espère vaste

Presse Canadienne Article mis en ligne le 2 décembre 2008 à 0:00
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MONTREAL - L'enquête publique sur les circonstances entourant la mort par balles de Fredy Villanueva, le 9 août, devra aller au-delà de l'altercation avec les policiers et prendre en compte le contexte social de l'événement survenu à Montréal-Nord, pour bien en cerner tous les contours.
C'est ce qu'ont proposé mardi les porte-parole du Mouvement Solidarité Montréal-Nord (MSMN) et de la Maison Haïti, en conférence de presse. Une pétition en ce sens vient d'être lancée.
Aux yeux de Brunilda Reyes du MSMN, il importe que l'enquête qui sera menée par le juge Robert Sansfaçon tienne compte de la pauvreté vécue par les jeunes du secteur qui avaient le sentiment d'être méprisés par les policiers. Ce n'est qu'à cette condition que la population sera en mesure de comprendre ce qui s'est vraiment passé ce soir-là.
Cela permettra en outre au juge de faire des recommandations beaucoup plus justes et ciblées aux autorités de la Ville de Montréal, du gouvernement du Québec et des corps policiers, avance-t-elle.
Mme Reyes estime connaître maintenant une partie de l'histoire, qui diffère de celle racontée par des citoyens de Montréal-Nord.
Elle suggère que les témoignages publics à venir vont permettre de jeter la lumière sur l'ensemble des événements, étape primordiale pour rassurer la population et pour comprendre comment a été élaborée la décision de ne pas poursuiver le policier.
"On veut savoir quels éléments étaient sur la table pour arriver à cette conclusion", a-t-elle dit.
Par ailleurs, les représentants de la Maison Haïti et du MSMN soumettent qu'il y a lieu de mettre en place une structure différente pour les enquêtes menées sur un corps policier.
"Quand on demande d'avoir une structure différente pour ce genre d'enquête c'est que ce qui importe pour nous est de s'enlever une épine dans le pied", a signalé François Bérard du MSMN.
"La fait qu'un corps de police enquête sur un autre corps de police ressort dans les discussions. La SQ et les procureurs ont fait un bon travail, mais il faut améliorer le système afin de lui donner une plus grande crédibilité et éloigner les soupcons de conflit d'intérêt."
Selon Harry Delva de la Maison Haïti, l'enquête policière a été faite de façon rigoureuse.
"Mais la vision des jeunes ne sera jamais celle des adultes. Parce qu'ils se sont fait interpeller parfois à tort par les policiers, les jeunes qui voient qu'un corps de police enquête sur un autre corps de police, ça ne rentre pas très bien dans leur tête", a-t-il dit.
La mort de M. Villanueva avait provoqué de violentes émeutes à Montréal-Nord en août dernier.
Le MSMN a bien l'intention de travailler avec la population de Montréal-Nord pour qu'elle sente partie prenante de l'enquête publique.
"Nous allons vulgariser l'information de façon que les gens comprennent l'ensemble de l'enquête publique", a promis M. Bérard.
La tenue d'une enquête publique a été commentée favorablement du côté politique, par Québec solidaire, le premier ministre Jean Charest et le chef de l'ADQ, Mario Dumont.
En campagne à Montréal et Laprairie, le chef libéral a indiqué qu'il existait un besoin de connaître les faits, d'aller au fond des choses.
"Il y a des enjeux qui débordent les circonstances tragiques. Il y a les questions sociales autour de Montréal-Nord, la question de ce que nous devons faire pour nous assurer qu'il y ait une paix sociale et que les gens puissent vivre en sécurité", a-t-il dit.
Pour le chef adéquiste, Mario Dumont, le malheur derrière les événements de Montréal-Nord réside dans le fait que des jeunes en soient rendus là.
"Le problème des gangs de rue qui pourrit à Montréal-Nord comme dans d'autres quartiers de Motnréal. On devrait avoir de meilleures écoles et l'énergie de nos jeunes, des garcons surtout, devrait aller dans les sports, dans des activités structurées plutôt que de se ramasser dans la rue et dans des choses qui tournent au désastre", a-t-il fait valoir.
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