OTTAWA - La demande de mise en liberté sous caution d'un professeur d'université, qui fait face à des accusations reliées à un attentat à la bombe commis en 1980 à Paris, a été rejetée mercredi, à Ottawa.
Hassan Diab est détenu depuis son arrestation le 13 novembre à Gatineau, au Québec, à la demande de la France, qui cherche à l'extrader. Les autorités françaises allèguent qu'il était impliqué dans l'attentat à l'explosif qui avait fait quatre morts à l'extérieur d'une synagogue de la capitale française.
Des avocats du gouvernement canadien ont fait valoir que Diab présente un risque de fuite s'il est remis en liberté avant le début des procédures d'extradition, vraisemblablement le mois prochain.
Le juge Michel Charbonneau, de la Cour supérieure de l'Ontario, leur a donné raison, disant que dans cette affaire, "tous les ingrédients" pouvant donner lieu à une fuite étaient en place. La preuve soumise à l'enquête sur cautionnement, le mois dernier, incluant de longs voyages à destination ou en provenance du Liban entre 1998 et 2006, et le fait que Diab ait habité successivement dans divers pays par le passé, laissent croire que Diab n'a pas de vraies racines nulle part, a déclaré le juge.
Il a ajouté que la preuve fournie par le gouvernement français, bien que circonstancielle, satisfera fort probablement aux critères justifiant l'extradition.
Selon des déclarations sous serment de la police française, la preuve permet de relier Diab à l'achat d'un "scooter" utilisé pour placer les explosifs devant la synagogue. Les autorités françaises disent qu'il faisait partie à l'époque d'un groupe terroriste favorable à la création d'un Etat palestinien indépendant.
Mais l'avocat québécois de Diab, René Duval, soutient qu'il s'agit d'un cas d'erreur sur la personne et que son client fréquentait l'université à Beyrouth, au Liban, au moment de l'attentat à Paris.
Au cours de la dernière année, Diab a travaillé comme chargé de cours en sociologie à l'Université Carleton et à l'Université d'Ottawa, dans la capitale. Sa femme, Rania Tfaily, qui a offert de verser la caution et de se porter garante du respect des conditions de remise en liberté de Diab, est professeur à temps plein à l'Université Carleton.
Mais le juge Charbonneau a souligné que la relation entre Diab et sa femme, de 24 ans plus jeune que son mari, était instable et n'avait débuté qu'en 2006, après que Mme Tfaily eut obtenu son poste à l'université. Il a fait remarquer que Diab a quitté le condominium de son épouse à Ottawa, l'an dernier, pour aller vivre dans un logement sous-loué à Gatineau, au Québec, et que le couple a donné des explications contradictoires sur les raisons de leur séparation, ainsi que sur le temps qu'a passé Diab par la suite à la résidence de Mme Tfaily.
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