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Les provinces demandent à Ottawa une rencontre nationale sur les autochtones

Presse Canadienne Article mis en ligne le 16 juillet 2008 à 0:00
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Les provinces demandent à Ottawa une rencontre nationale sur les autochtones
Phil Fontaine, le 15 juillet 2008. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
QUEBEC - Ottawa doit passer à l'action afin d'améliorer les conditions de vie et d'éducation des autochtones à travers le pays, ont réclamé mercredi les premiers ministres des provinces et territoires.
Par l'intermédiaire du Conseil de la fédération qui les réunit, ils ont demandé au premier ministre Stephen Harper d'organiser une rencontre à laquelle ils participeraient, où les démarches à entreprendre seraient déterminées.
Le premier ministre Jean Charest, qui préside la rencontre annuelle du conseil cette semaine, a affirmé que les excuses du gouvernement fédéral, présentées le mois dernier pour les mauvais traitements subis dans les pensionnats autochtones du pays, ouvraient la porte à des gestes concrets.
Ce geste, posé au nom de la population canadienne à la Chambre des communes par M. Harper, est un événement historique qui marque un nouveau départ dans la relation avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis, a affirmé M. Charest.
"Les premiers ministres et les leaders souhaitent maintenant profiter de ce momentum créé le 11 juin dernier pour travailler ensemble dans un réel esprit de partenariat", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
M. Charest a affirmé que le financement de l'éducation, dans les communautés autochtones, serait l'une des priorités à discuter lors d'une éventuelle rencontre.
Au Canada, a-t-il rappelé, les dépenses dans l'éducation des enfants issus des Premières Nations sont deux fois moins élevées que pour ceux provenant des autres communautés.
"En soi, ce chiffre parle beaucoup, a-t-il dit. Il y a plusieurs priorités. On ne veut pas fermer la porte, d'ailleurs."
M. Charest a aussi évoqué l'accord de Kelowna, conclu en 2005 par les libéraux, qui a été mis de côté l'année suivante par les conservateurs, à la suite de leur élection à Ottawa.
Il a affirmé que cette entente, prévoyant des investissements de 5 milliards $ pour améliorer les conditions de vie des communautés autochtones, n'appartient pas à un gouvernement spécifique, mais constitue une réalisation de l'ensemble des Canadiens.
"Nous croyons que Kelowna nous appartient et nous voulons qu'il continue", a-t-il dit, en présence de plusieurs représentants d'organisations nationales autochtones, qui venaient de participer à une rencontre avec les membres du Conseil de la fédération.
M. Charest a assuré qu'il ne s'agissait pas d'embarrasser le gouvernement fédéral au sujet de l'accord de Kelowna, qui avait aussi été ratifié par les groupes autochtones, les provinces et les territoires.
"L'accord de Kelowna a été conclu et il reflète, peu importe qu'on le nomme d'une manière ou d'une autre, la somme des efforts des leaders autochtones, ceux que nous avons consentis, et il s'attaque aux questions qui sont importantes pour les communautés", a-t-il dit.
Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, a affirmé que la rencontre avec les membres du Conseil de la fédération avait été productive.
"Le Conseil de la fédération est un allié important dans la transformation qui doit être amorcée dans ce pays autour de la réconciliation", a-t-il dit.
Selon M. Fontaine, l'accord de Kelowna est toujours d'actualité et ses objectifs sont encore valables.
"Je ne crois pas nécessaire de repartir à zéro, a-t-il dit. C'est déjà disponible pour nous. Le défi consiste à décider de la manière dont on élabore le reste en partant de cette base."
Plus tôt cette semaine, lors de l'assemblée annuelle de l'APN, à Québec, M. Fontaine avait insisté sur l'importance d'investir dans l'éducation des autochtones, notamment pour réparer les dégâts causés dans les pensionnats autochtones, qui étaient financés par Ottawa et dirigés par des communautés religieuses.
Les excuses présentées en juin dernier faisaient partie d'un règlement conclu par le gouvernement fédéral, qui versera une compensation pouvant s'élever à 4 milliards $.
De 1874 jusqu'à leur fermeture dans les années 1970, ces 132 établissements, où les problèmes d'agressions physiques et sexuelles étaient fréquents, ont accueilli 150 000 enfants.
Plus tôt mercredi, M. Fontaine a dit croire que les anciens pensionnaires autochtones pourraient éventuellement recevoir des excuses du pape Benoît XVI pour les mauvais traitements subis.
"Nous reconnaissons que de telles excuses ne sont pas faciles à faire et que, pour déterminer si la démarche est possible, pour le Saint Père, un travail doit d'abord être effectué au pays en collaboration avec le clergé", a-t-il dit.
Mercredi, à Québec, M. Fontaine a rencontré des évêques catholiques qui l'ont assuré de la participation du clergé aux démarches de réconciliation en cours avec les autochtones.
Monseigneur Pierre-André Fournier, évêque auxiliaire de Québec, a affirmé que le territoire québécois a compté 11 pensionnats autochtones, qui ont été fréquentés par 12 500 personnes de cette communauté.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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