Julie Bernatchez, recommande Katimavik à tous.
(Photo:Courtoisie)
Un voyage à l'intérieur de soi avec Katimavik
Katimavik fête 30e anniversaire d'existence cette année. Depuis 1977, le programme fédéral a envoyé 28 000 jeunes de 17 à 21 ans participer à des projets de travail un peu partout au Canada.
Le programme de volontariat sera reconduit en août pour la saison 2007-08 mais rien n'assure encore qu'il restera intact l'année suivante. D'ici là, l'équipe de Katimavik s'active sur le terrain pour convaincre des jeunes d'embarquer dans cette aventure de neuf mois.
Ce n'est pas la première fois que Katimavik voit ses voiles bouger au vent. De 1986 à 1994, aucun groupe n'a été formé. Le sénateur Jacques Hébert avait fait une grève de la faim de 21 jours pour protester contre le refus du gouvernement Mulroney de poursuivre le financement du programme jeunesse.
Les responsables sont en pleine campagne de recrutement à l'heure actuelle. Juste au Québec, c'est 7 600 jeunes Québécois qui ont pu prendre à différentes expériences de travail dans les provinces canadiennes. Ils ont ainsi acquis une expérience de travail diversifiée en plus d'apprendre à se connaître par la vie de groupe.
Julie Bernatchez, une jeune fille de L'Assomption, y a participé au cours de l'année 2005-06. En septembre 2005, elle est partie avec un groupe de onze autres jeunes pour un périple de neuf mois en Alberta, au Nouveau-Brunswick et au Mont Tremblant. Une grande expérience de vie de groupe puisqu'elle a vécu pendant tout ces mois avec eux sans relâche. « Au début, c'était difficile, surtout à cause de la langue, car certains ne parlaient pas français », dit Julie.
Son séjour en Alberta, lui a justement permis de se familiariser avec la langue de Shakespare. À Leduc, où les dix compagnons étaient installés, la communauté s'est montrée fort accueillante. Julie garde de bons souvenirs de ce premier dépaysement. « Les gens nous ont donné plein de choses: de la viande, un frigo, l'internet gratuit. À Thanksgiving, une famille nous a invités. J'ai trouvé les gens de Leduc plus accueillants que ceux d'ailleurs», tient à faire savoir Julie au sujet des Albertains.
La vie communautaire a eu un aspect pratique pour l'ensemble des participants. Chacun a apprit à faire à manger et à se débrouiller à partir de rien. Pas si simple de nourrir une dizaine de personnes à la fois. « Fallait faire les lunchs, penser aux portions, aux végétariens. On faisait notre propre pain. On ne pouvait rien apprêter de déjà préparé. Ça demandait beaucoup d'organisation et d'initiatives. On ne pouvait pas se coucher tant que nos tâches attitrées n'étaient pas faites. »
Chaque jeune était associé avec un partenaire avec lequel il devait s'entendre et partager des tâches.
« C'est l'apprentissage de la tolérance et cela, ça dépend où l'on vit, de la grandeur de la maison », soutient Julie, qui se rappelle la petitesse du logis au Mont Tremblant. « C'était un chalet avec une seule salle de bain. Ça été plus difficile, surtout que c'est en pleine milieu du séjour.»
Maintenant, Julie sait ce que signifie le mot tolérance. « Nous vivions dans la même maison tous les onze, on n'avait pas le choix de s'entendre. Au début, on déballait lors d'un sujet houleux. Puis, on se rendait compte que ce n'était pas dramatique ce que l'autre pensait même si c'était très différent des autres », précise la jeune fille de 22 ans. « La tolérance, c'est de cohabiter avec la différence. »
Pour Julie, Katimavik, c'est aussi plusieurs expériences de travail. Belle façon de se connaître. Elle a occupé divers types d'activités. Pas toujours celles qu'elle avait choisies mais formatrices et enrichissantes au bout du compte. À Leduc, elle a donné son temps à un travail de bureau. À Bathurst, elle a travaillé dans une école primaire, donnant un coup de main au professeur d'immersion française. Au Mont-Tremblant, elle s'est activée au sein du Carrefour jeunesse emploi sur un groupe de réintégration pour les jeunes. « C'est ça que je veux faire dans ma vie de tous les jours», affirme Julie Bernatchez, qui a découvert sa vocation.
(Photo:Courtoisie)
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