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« Les gens croient que le cancer du col se guérit comme un mal de dents »

Brigitte Leclerc croit que la prévention passe par l'information

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 11 octobre 2007 à 14:15
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« Les gens croient que le cancer du col se guérit comme un mal de dents »
Brigitte Leclerc.(Photo : Roger Lacoste)
« Les gens croient que le cancer du col se guérit comme un mal de dents »
Brigitte Leclerc croit que la prévention passe par l'information
Mère de deux filles et atteinte du cancer du col de l’utérus, Brigitte Leclerc n'a pas hésité à les faire vacciner contre le virus du papillome humain (VPH). Mal informée, Mme Leclerc subit les contrecoups d'un cancer qui aurait pu se soigner plus facilement s'il avait été détecté à temps par un PAP test chez son médecin.
Au printemps 2006, la vie de Brigitte Leclerc a basculé. Analyste financière accomplie, épouse comblée et mère de deux ravissantes filles, cette femme dans la quarantaine a vu le fruit de tous ses efforts lui échapper au cours d'une visite de routine au sujet de sa sclérose en plaques. Son neurologue lui avait alors suggéré de prendre de l'aspirine contre ses douleurs, et celle-ci s'était inquiétée à savoir si cela pouvait amplifier son anémie, étant sujette à des écoulements menstruels abondants. À la lumière de ce nouveau renseignement, son neurologue a établi pour trois semaines plus tard un rendez-vous avec un gynécologue.

Après deux tests PAP anormaux et une colposcopie, il a été confirmé qu'elle était atteinte d'un cancer du col de l’utérus à un stade avancé. La date de son opération était initialement prévue pour le mois d’août 2006, puis elle a était avancée au mois de juin en raison de l'important gonflement de son ventre. « C'est au moment où ils ont décidé de me garder à l'hôpital que j'ai eu le plus peur, mais mes proches me disaient que si j'avais un cancer à avoir, c'était celui-là, car il se guérissait bien. Toutefois, ce ne fut pas mon cas, étant donné le fait qu'il a été découvert trop tard. J'avais tellement de prises de sang pour ma sclérose en plaques que je pensais être à l'abri des autres maladies, convaincue que mon médecin les détecterait. J'étais rendue à une phase si avancée que le cancer s'est propagé aux ovaires, puis on surveille maintenant mon sang, car ma rémission n'est pas complète. Si ça n'avait pas été de mon neurologue, je serais probablement décédée des suites de mon cancer aujourd'hui », explique Mme Leclerc.
Rechute possible
Une semaine avant l’opération, Mme Leclerc a dû se préparer au pire. Elle a envoyé une lettre à son notaire, elle a pris des photos d’elle-même avec ses filles Cindy et Nadia et a discuté avec sa famille, ses amis et ses collègues du risque élevé qu'elle soit victime d'un accident vasculaire cérébral et de la possibilité effrayante qu'elle meure. « Chaque mois, quand je passe mes tests de routine, j'y repense, et je crains une rechute. Les gens ne devraient pas négliger le cancer du col de l'utérus. Ce n'est pas comparable à un mal de dents, contrairement à ce que plusieurs laissent supposer ! »

Aujourd’hui, certains de ses camarades de travail lui racontent les cas de cancer du col de l’utérus vécus dans leurs propres familles. Néanmoins, Mme Leclerc croit qu’il reste beaucoup à faire pour sensibiliser les gens aux graves conséquences d'une infection liée au VPH et à l’importance cruciale de la prévention. « Les gens ne parlent pas de cette maladie et ne semblent pas comprendre à quel point elle est grave. Si les femmes connaissaient le vrai visage du cancer du col de l’utérus, je suis sûre qu'elles s'empresseraient de se faire vacciner. Elles devraient se considérer chanceuses d'avoir accès à un vaccin. Mes filles l'ont reçu dès que possible, et elles n'ont pas hésité une seconde. Un vaccin à 485 $, ça semble cher, mais la vie est inestimable. Pour éviter le cancer, c'est si peu! Et le gouvernement rembourse les doses aux jeunes filles de 9 à 26 ans, car les tests ont démontré que le vaccin est efficace », affirme Mme Leclerc. Forte de son expérience où elle fut somme toute chanceuse dans sa malchance, la Repentignoise souhaite maintenant sensibiliser la population. « J'ai été victime de deux négligences, soit le manque d'information de la part de mon gynécologue, car je ne connaissais pas les PAP tests, et ensuite le fait qu'il ne me faisait pas passer ce test régulièrement ce test incontournable. On ne peut jamais être perdants à être informées, et encore moins à se faire vacciner. J'encourage toutes les mères à faire vacciner leurs filles, et les femmes en général à investir 450 $ pour se sauver d'un cancer qui peut se prévenir efficacement », conclut-elle.

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