Le génie libéral
Vous les croyez affaiblis, au bord de l’anarchie voire, du putsch ? Non, ne vous méprenez pas, les libéraux de Stéphane Dion vont très bien. Leur débandade dans les sondages, la perte de comtés traditionnellement rouges lors des dernières partielles, même l’élection du charismatique et surtout, très crédible Stéphane Dion à leur tête ; toutes ces avaries font partie d’un plan bien ficelé.
Non, n’allez surtout pas croire que je suis un obsédé de la théorie des complots qui croit que tous les hauts dirigeants font partie d’une quelconque société secrète ou d’une vaste machination pour dominer le monde, mais je suis trop lucide (enfin, laissez-moi y croire !) pour avaler que le parti de Laurier, de Mackenzie King, de Trudeau et de Chrétien soit au bord de l’extinction.
Je suis convaincu que, caché dans le fin fond d’un vieux manoir ontarien, dans une pièce sombre où crépit un feu de bois, un groupe sélect d’éminences grises libérales fomente en silence l’arrivée d’une nouvelle ère rouge.
Stéphane Dion n’est simplement que leur agneau sacrificiel qui sera immolé par le feu sur l’autel de la Chambre des communes. En secret, ils préparent l’arrivée de leur homme ; de l’héritier ; de celui qui porte dans ses veines le plus rouge des sangs. Ils attendent que, tel un héros sorti de nulle part, Justin fils de Trudeau reprenne les rênes du parti et le conduise à la terre promise.
Laissez-moi rêver d’un ultime affrontement entre le fils prodigue de Baie-Comeau qui, lentement, gagne des appuis en étant omniprésent à la télé canadienne anglaise et le véritable héritier du trudeauisme. Pensez-y, de vieux amis d’enfance, Ben Mulroney d’un côté, Justin Trudeau de l’autre, tenant dans la balance l’avenir de tout un pays, se battant jusqu’à la mort pour que leur couleur, le bleu et le rouge, prévale…
J’ai vraiment trop vu de films.