Ingrid Bétancourt se meurt. C’est du moins la rumeur qui circule. « Elle est dans un état critique », peut-on entendre sur les ondes de la radio. C’est d’une injustice inqualifiable. Peut-être avez-vous entendu parler d'Ingrid Bétancourt ? J’ai lu son autobiographie écrite juste avant son enlèvement. Après avoir été élue député, cette femme a osé briguer la présidence de la Colombie. Je dis "oser" car dans ces pays, c'est un acte de grand courage que de vouloir changer les choses. Ingrid Bétancourt mérite qu'on parle d'elle, car elle est en train de payer de sa vie pour avoir voulu améliorer le sort de ses concitoyens. Depuis plus de six ans, elle est l'otage des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui l'ont kidnappée. Une pétition circule à travers le monde pour la soutenir, pour qu'on la libère:
www.agirpouringrid.com. Depuis quelques mois, la France négocie sa libération. Le président de la France, Nicolas Sarkosy, réagit avec éclat chaque fois qu’il est question d’Ingrid, élevée dans l’Hexagone et à moitié française par son père. Espérons que le nouveau président qui sait si bien profiter du « star system » passera de la parole aux actes. Pressentant le pire, il se dit prêt à aller la chercher en Colombie, s’il le faut. En janvier, l’ancienne collaboratrice de la politicienne incarcérée dans la jungle colombienne, Clara Rojas a été libérée avec trois autres otages. Pas elle. De récentes photos prouvent qu'elle est encore en vie. Il y a encore des gens prêts à mourir pour leurs idées. Certains pays vivent dans un système tellement corrompu que même voter relève de l'exploit. L'Amérique du Sud est particulièrement touchée par le trafic de la drogue, notamment la Colombie. Les FARC, comme on les appelle, constituent un pouvoir politique inquiétant puisqu'ils mènent un pouvoir parallèle plus ou moins caché. Une réalité difficile à imaginer pour nous qui vivons dans une démocratie presque confortable.