De Félix-Leclerc en Tunisie !
Les voyages forment la jeunesse, dit-on. Un groupe d’élèves de l’école Félix-Leclerc, à Repentigny, peuvent en témoigner. Ils reviennent d’un beau bain de culture de neuf jours en Tunisie.
Imaginez, 25 jeunes repentignois de 13 à 17 ans en plein désert du Sahara! «Toute une expérience », lancent-ils d’emblée. Quatre professeurs les ont accompagnés dans cette contrée maghrébine : Christian Lessard, Geneviève Landry, Patrick Lafrenière, David Lavoie. Ce n’est pas le premier groupe que le prof de français, Christian, accompagne pour ces voyages « culturels ». L’an dernier, il est allé en Grèce. Un voyage par an. Californie, France, Cuba, tous imprimés dans son passeport grâce à l’école Félix-Leclerc. La vie de professeur présente tout de même quelques avantages…
Pour raconter cette belle aventure, le prof Christian avait réuni dans la cafétéria de son école quelques-uns des participants : Noémi, Arianne, Katherine, Guy-Philippe et Pascale. « Pas de E à la fin de mon nom », « un K pour le mien ». D’aaaaccord ! Les jeunes d’aujourd’hui ont une personnalité bien affirmée et se montrent plutôt articulés. Ceux-là du moins.
On les a justement sélectionnés pour participer à ce voyage parce qu’ils présentent un excellent dossier académique. Pas question de mettre en péril leur année scolaire avec une semaine d’absence. Une belle récompense pour valoriser l’effort scolaire. L’apport financier des parents est essentiel pour avoir sa place sur la liste des passagers de l’avion. Un voyage en terre africaine coûte cher. Mais les étudiants ont mené plusieurs activités de financement ci et là pendant l’année : vente de chocolat, de café, soirée de quilles, emballage chez Canadian Tire.
Vivre une expérience de groupe. C’est la première raison pour laquelle l’école propose ce genre de périples à ses étudiants. Un périple toutefois bien organisé. Un guide touristique les accompagne tout au long de la semaine. De toute évidence, les destinations seront choisies avec soin pour montrer le meilleur côté du pays d’accueil.
Même sans le guide, les Tunisiens frappent les visiteurs par leur sourire chaleureux et spontané, loin de l’attitude distante nord-américaine. On y reviendra.
Déjà, en sortant de l’avion, une surprise odorante les attendait : « ça sentait la cigarette partout », laisse échapper Guy-Philippe, étonné. Une habitude bien masculine en Tunisie, dit-on. Vingt-cinq pour cent des hommes fument. Puis, la chaleur les a saisis comme elle saurait saisir quiconque s’éloignait temporairement de cet hiver sibérien.
« Moi, je croyais voir plus de femmes voilées », lance Arianne, appuyée par Katherine.
Guy-Philippe, lui, a été surpris de l’attitude des hommes face aux filles. « Les gars sont intéressés par les filles occidentales. » « Oui, on a vu ça », lâchent les quatre filles, le fou rire complice.
Il faut dire qu’à part au marché, les femmes se font rares sur la rue. Les hommes semblent prendre part davantage à la vie sociale que les femmes, selon les étudiants. Mais ces différences n’ont pas marqué les étudiants plus que cela. Ils ont été davantage frappés par la chaleur humaine de leurs hôtes.
Ils ont visité une dizaine de villes dont Tunis, Tozeur, Sousse, Hammamet et bien sûr, le désert du Sahara.
Guy-Philippe a été étonné de voir les maisons qu’on ne termine pas de construire immédiatement, qui devront peut-être attendre 15 ans avant de l’être. Le Maghrébin ne se surendette pas comme le Nord-Américain. Il attend tout simplement d’avoir l’argent en main pour payer.
Ce qui a étonné Arianne, ce sont les contrastes continuellement présents dans la vie quotidienne. Comme un homme habillé d’un vêtement traditionnel, un cellulaire à la main. Les drapeaux affichés partout, signe d’une fierté omniprésente. Le froid du désert, la nuit.
C’est qu’ils ont couché dans le désert ces jeunes. Vingt-neuf Repentignois sous une tente en plein désert du Sahara. Wow! La chaleur si envahissante pendant la journée – elle monte jusqu’à 41e degrés - ne laisse pas deviner la fraîcheur qui se glissera à la pénombre.
Ils se sont promenés à dos de dromadaire. Ah, ça oui, c’est surprenant!
Les 25 étudiants ont visité quelques merveilles du pays : l’Amphithéâtre El-Jem, un vestige de l’époque romaine, l’Oasis de Montagnes, à Shotte, où l’on peut apercevoir un désert de sel, le Mausolée du barbier.
Il y a aussi la pratique religieuse. Surprenant pour un Occidental mais les jeunes en parlent tous avec le plus grand respect. Ils sont entrés dans la mosquée de Kairouan, la plus importante de Tunisie puisque cette ville fait partie de l’une des cinq villes saintes de La Mecque. « C’est là où l’on a vu le plus de femmes voilées et des gens à pied se diriger vers la mosquée », se souvient Noémi.
« Ils ont gardé beaucoup de traditions », pense Arianne. « Les hommes sont très proches entre eux, ils s’embrassent sur les joues. » T’as pas le droit d’être homosexuel. » « Il ne faut pas fréquenter le même café que ses parents. » « Les femmes ne vont pas prendre le café. » Mais, ne trouvez –vous pas cela restrictif, ces interdits? « Non, c’est du respect », répondent en cœur les quatre étudiants. Il faut dire que leurs professeurs les avaient mis au fait de quelques réalités tunisiennes avant le départ.
Puis, neuf jours c’est pas long pour découvrir un peuple. Pas le temps de voir les mauvais côtés.
Ils ont découvert en fait un peuple heureux. C’est ce qui les a tous frappés. « Ils prennent le temps de vivre et ne sont pas seulement axés sur la consommation et le travail », fait remarquer Katherine. La chaleur humaine de ce peuple. Ils sourient, ils s’embrassent entre hommes et appellent les filles « Gazelle ». Ce qui a fait bien sourire Noémi. Et que dire du désert! Des dunes à perte de vue.
(Photo :Courtoisie)