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BFI : l'histoire se répète

La ministre Beauchamp accorde un décret d'urgence

Véronique Bérubé par Véronique Bérubé
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Article mis en ligne le 28 avril 2008 à 14:29
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BFI : l'histoire se répète
La ministre Beauchamp accorde un décret d'urgence
À l'instar du déroulement du Bureau d'audiences publiques de 2003 pour les mêmes motifs, un second décret d'urgence concédé par la ministre de l'Environnement permettra aux promoteurs du site d'enfouissement de BFI de poursuivre leurs activités durant la prochaine année, et ce, avant le dépôt du rapport des commissaires du dernier BAPE, attendu à la fin mai.
Soutenant qu'aucune autre alternative n'est envisageable à court terme, Québec a autorisé l'agrandissement du site, soit l'ajout de 1,3 million de tonnes métriques de déchets supplémentaires. En effet, le lundi 21 avril dernier, veille du Jour de la Terre, Line Beauchamp, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parc (MDDEP) a déclaré qu'il s'agissait d'une solution à court terme, puisque sans ce décret, le site d'enfouissement aurait dû fermer ses portes dans les prochaines semaines, arrivant à pleine capacité.
Mesure temporaire
Se défendant d'outrepasser le BAPE en alléguant que ce décret constitue une mesure temporaire qui n'empêchera aucunement le travail des commissaires d'ici le dévoilement de leurs conclusions le 28 mai, la ministre Beauchamp répond aux demandes de la CMM et de la Ville de Laval, qui y enfouissent leurs déchets. «La ministre a pris la bonne décision», a affirmé dans les médias le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, plus tôt cette semaine.
Chez BFI, qui dispose du tiers des déchets de la CMM, on estime qu'il s'agissait de la seule solution logique : « La seule autre option était d'envoyer les déchets plus loin, de mettre plus de camions sur les routes et donc d'émettre plus de gaz à effet de serre », a pour sa part déclaré Hector Chamberland, directeur des Affaires publiques chez BFI. « Nous ne nous attendions pas à autre chose pour l'instant, vu que le ministère a décidé de conduire notre projet à des audiences publiques, ce que nous n'avions pas prévu à l'automne 2007, car il s'agit du même projet qu'en 2003. Les études supplémentaires sont là : celles de la Santé publique et celles que nous avons commandées. De toute manière, quoi faire en l'absence d'une autre solution ? » a-t-il ajouté.
Quant au maire de Charlemagne, qui a contribué au dépôt d'un mémoire commun au BAPE avec les villes de Repentigny, Terrebonne et Mascouche, ce dernier a approuvé le travail du MDDEP. « Ça n'influencera pas le rapport, et il fallait mettre ces déchets à quelque part. Il s'agit d'une sage décision de la ministre, qui prendra certainement les conclusions du BAPE en considération », a précisé Normand Grenier.
Malgré la contestation
Si ce décret d'urgence arrange certains protagonistes, il suscite en outre son lot de mécontentement, au moment où le BAPE est en pleine étude du projet de BFI de doubler sa superficie au cours des 17 prochaines années. « BFI a adopté la même stratégie qu'en 2003, malgré le fait que le BAPE avait déclaré que le projet était inacceptable. Ils ont attendu en dernière minute pour coincer le gouvernement et demander cet agrandissement plus tôt, et on aurait pu faire des études d'impact comme on l'avait décrété en 2003 mais que l'on n'a jamais réalisées. Ils ont amené le gouvernement là où ils voulaient l'avoir » a souligné Mario Desrosiers, président du Comité des Citoyens de la Presqu'Île-Lanaudière (CCPL).
« Aucune nouvelle technologie n'a été développée. Si le gouvernement s'en était occupé depuis 2003, nous n'en serions pas là…pourtant le décret semblait ultime. Et puis les plaintes ont augmenté, et les gens qui vivent autour sont dans une situation très inconfortable. On parle de 1200 plaintes ; ça ne va pas du tout! Nous avons bien hâte de voir le rapport en mai et ses conclusions, mais puisque rien n'a été fait depuis 2003, ça regarde mal. Nous sommes pris avec le cancer mais on ne s'en occupe pas. Le rapport à venir devrait être plus cinglant que le dernier, mais nous sentions déjà que les dés étaient joués en mars. On est sur le bord de changer notre nom pour le Comité des victimes de la Presqu'Île, avec ce que l'on subit », a conclu M. Desrosiers.
Le site d'enfouissement de BFI reçoit près du tiers des ordures non recyclables produites chaque année dans le Grand Montréal.

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