Martin Draiville, un comédien avec les deux pieds sur terre. Photo : Roger Lacoste
Martin Drainville : un comédien bien de chez nous
Depuis vingt et un ans, le comédien fait rire. On lui confie aisément les rôles de timide et de gauche. C’est ainsi qu’on a pu le voir dans Louis 19, Scoop, L’Odyssée d’Alice Tremblay. Et qu’on peut le voir dans Femme de rêve tout l’été au THC. En revenant chaque été jouer au théâtre Hector-Charland, Martin revient en quelque sorte à ses origines. Eh oui, certains l’ignorent peut-être encore mais L’Assomption l’a vu naître et grandir. Pas très loin, dans le rang Point-du-Jour. Dans la plus grande des tranquillités… « Pour se sauver du poste de péage sur la 40, beaucoup de gens passaient par le rang Point-du-Jour, rappelle Martin avec une pointe de sarcasme. Les chats ne vivaient pas longtemps. » Faire parler Martin de son enfance relève d’une certaine insistance. À ses yeux, il n’y a pas beaucoup à dire. Une enfance assez banale, semble-t-il penser. Son père travaillait à la Hupp (Électrolux) Martin a fréquenté le Collège de L’Assomption. L’été, il jouait au baseball. Puis, il y a eu l’improvisation.
« On faisait ça à la Marina de Repentigny, une gang de chums et moi : Claude Legault, Michel Courtemanche » Un beau souvenir pour Martin. Pourtant, il hésite à choisir une carrière d’artiste. « J’ai résisté longtemps à cet appel, à cause de l’insécurité. Je viens d’un milieu ouvrier et mon père a toujours eu au moins deux jobs en même temps. » Il opte donc pour le métier d’ingénieur. Mais après une année à la Polytechnique, il se décide à faire le grand saut jusqu’à Sainte-Thérèse qui offre une formation en théâtre. Puis suivra une carrière remplie de succès. Ce qui surprend chez Martin, c’est sa réflexion profonde à toute question. Qu’il lance avec la plus grande simplicité, avec sérieux. « J’ai plus de caractère que j’en ai l’air », affirme le comédien, content qu’on lui offre davantage de gars de son âge à jouer. Malgré le succès, le comédien estime que son métier exige de l’humilité. Le succès repose avant tout sur le travail de toute une équipe. « On a toujours besoin des autres dans ce métier. Parfois, tu peux être ordinaire mais parce que tu es entouré de gens extraordinaires, ça fait toute la différence. » Pour lui, le succès constitue le véritable test. « C’est lorsque quelqu’un a du succès que l’on voit réellement qui il est, pense Martin. C’est bien tentant de penser que l’on est important. » Il cite en exemple son ami Dominic Champagne qui n’a rien perdu de son authenticité malgré le succès planétaire du spectacle Beatles pour le Cirque du Soleil. « Il allait rencontrer Yoko et McCartney et demeurait le même avec nous. Il est revenu de cette aventure la tête froide. » « Moi, être une personnalité publique, je vis ça simplement. À chaque projet, on prend un risque. On ne sait pas si ça va être bon. » Malgré l’aspect divertissement de son métier, Martin se donne comme but de faire réfléchir le public. « Ça donne du sens à notre travail », estime le comédien.
« J’ai résisté longtemps à cet appel, à cause de l’insécurité. Je viens d’un milieu ouvrier et mon père a toujours eu au moins deux jobs en même temps. »
Martin Drainville