Un équipement fort original déniché par Guy Mc Nicholl dans une cour à scrap.
(Photo:Gérard Legault)
Guy Mc Nicholl : un producteur d’huile de cèdre original
Guy Mc Nicholl est un homme d’affaires pas comme les autres. Un inventeur. Non seulement il fait le commerce de cèdres décoratifs mais il s’est lancé dans la production d’huile de cèdre biologique. Une huile essentielle pure tirée de cèdres cultivés sans pesticide, sans engrais.
En 1998, l’ancien propriétaire de l’usine Multi D, à Le Gardeur, achetait une ferme dans le rang de La Presqu’île, à L’Assomption avec l’intention de faire le commerce de cèdres destinés à l’aménagement paysager. Puis, l’idée lui venue d’en extraire l’huile.
Ce qui distingue M. Mc Nicholl des autres producteurs d’huiles, c’est qu’il a élaboré un procédé unique d’extraction mis en place à partir d’un ancien équipement de laiterie dénichée dans une cour à « scrap » qu’il a complètement revampé. Cet équipement sert donc en partie pour l’extraction de l’huile de cèdre. « J’ai passé un hiver à les reconditionner », fait savoir avec une fierté dans la voix M. Mc Nicholl.
La première étape consiste à broyer les arbres pour ensuite souffler le tout dans un réservoir. Sous l’effet de la vapeur d’eau, une vapeur d’huile se forme. Elle s’en va ensuite dans l’échangeur de température qui fera passer cette vapeur d’huile froide à un état davantage liquide.
Comme la substance se compose de 50% d’eau 50% d’huile, M. Mc Nicholl et ses employés passent ensuite le liquide dans une centrifugeuse qui, en plus de séparer l’huile et l’eau, nettoiera le tout de toutes ses impuretés. La centrifugeuse utilisée servait autrefois à séparer le lait de la crème de la production laitière quotidienne.
Pour conserver l’huile qui est quand même volatile, on la place dans un baril en acier inoxydable prévu à l’origine pour la production de sirop d’érable. Depuis l’automne dernier, M. Mc Nicholl et ses quatre employés venus tout droit du Mexique produisent 20 litres d’huile chaque jour. Roberto, Cornélio, Jose Angel et Manuel travaillent plus de 15 heures par jour. Ils arrivent à la ferme à la fin avril et n’en repartent qu’au début novembre. M. Mc Nicholl l’admet, sans cette main-d’œuvre, il n’aurait pas pu se lancer dans cette aventure. Les employés sont difficiles à trouver pour ce genre de travaux et demandent plus que les 12$ de l’heure paient à sa main-d’œuvre mexicaine. À noter qu’il doit débourser leurs billets d’avions et que ceux-ci ne paient pas d’impôts en plus de pouvoir bénéficier du régime de congé parental qui leur sera payé une fois de retour dans leur pays s’il y a un bébé en route pendant leur séjour ici.
M. Mc Nicholl élève des chats sur sa ferme. Bien pratique pour chasser les mulots encombrants qui font du grabuge dans ses arbres. « Pendant ma première année de production, ils m’ont mangé 3000 arbres », précise le fermier bio.
« L’avenir est à la transformation. J’ai donc misé sur la production d’huile de cèdre », lance M. McNicholl. Un produit qui vaut de l’or, estime ce dernier, compte tenu des propriétés médicinales de plus en plus reconnues des huiles essentielles et recherchées par les consommateurs.
M. Mc Nicholl affirme qu’il est le seul au monde à extraire de l’huile essentielle à partir des cèdres cultivés sur sa terre qui en compte quelque 100 000.
L’huile de M. Mc Nicholl n’est pas encore commercialisée. Elle est présentement analysée dans les laboratoires de l’Université du Québec à Montréal et doit aussi être approuvée par Santé Canada.
(Photo:Gérard Legault)