Les autres appellations à travers le monde
La France et l’Italie sont les plus grands producteurs de vin au monde et partout ailleurs nous retrouvons le même principe sous-jacent concernant les appellations. Les vins sans appellation véritable sont habituellement appelés vins de table, puis vins de pays, de région et ainsi de suite. Chaque pays a cependant sa particularité et parfois même chaque produit a sa personnalité et donc ses appellations distinctes.
À titre d’exemple, l’Allemagne, en plus d’avoir la dénomination relative à la situation géographique de ses 13 régions, qualifie et quantifie la richesse en sucre des raisins et de ce fait même des vins, par des noms très évocateurs. Kabinett, Spätlese, Auslese, Beerenauslese, Trokenbeerenauslese. En fait, la traduction de ces mots est plus évocatrice du type de vin car elle identifie très clairement et en ordre croissant la quantité de sucre résiduel qui reste dans le vin après la fermentation et produit cette texture moelleuse, voire sirupeuse et son goût sucré tant recherché par les amateurs de vins moelleux. L’Espagne a une façon de faire très similaire à celles utilisées en France, en Italie et en Allemagne et comporte onze régions.
Au Portugal, cette fois, nous retrouvons les mêmes classifications pour les vins d’entrée de gamme, vins de table, de pays, etc., mais pour ce qui est des DOC, (Dénomination d’Origine Contrôlée) qui représentent les vins de la catégorie supérieure, la chose est tout autre. Alors que nous retrouvons plus de 400 appellations précises en France et environ 270 en Italie, le Portugal n’en possède que 19 réparties dans seulement sept des onze régions vinicoles portugaises. De plus, le Portugal est bien entendu, le seul pays qui peut se vanter de produire le célèbre Porto car il s’agit en fait d’une appellation toute particulière liée à un lieu-dit. Tout comme le champagne ne peut venir que de la Champagne, le porto ne peut venir que de la région de Porto.
Les autres vins de ce types seront appelés : vins mutés. Je me réserve d’ailleurs une chronique entièrement consacrée aux portos car contrairement à la croyance populaire, il y a plusieurs types de portos très différents. Les vins du nouveau monde quant à eux vont prendre exemple des appellations que l’on retrouve dans les pays d’origine de ceux qui y ont implanté la vinification.
L’exception pour ceux-ci est que plusieurs adoptent le nom du cépage dominant afin de donner un caractère spécial à leur vin. Cette habitudes est venue du fait que certains vins en provenance des vieux pays étant très populaire, ont créé un engouement pour le type de cépage qu’il contenait et les producteurs des pays émergeants voulaient profiter de cette « mode », ont simplement identifié le cépage dominant à même le nom du vin.
Cette pratique a d’ailleurs provoquée une fâcheuse habitude chez certains consommateurs de vins qui affirment ne pas aimer tel ou tel cépage simplement parce qu’ils n’ont pas aimé un vin. Un vin ne fait pas LE cépage, pas plus qu’un cépage ne fait LE vin. Parmi les pays producteurs les plus connus nous retrouvons en Amérique du Sud; l’Argentine et le Chili, En Amérique du Nord, les États-Unis nous offrent une demi douzaine d’états produisant des vins de qualité et qui utilisent une version similaire des appellations. Au Canada, les trois régions les plus productrices sont la vallée de l’Okanagan, celle du Niagara et le Québec qui ont un système similaire.
L’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud sont aussi des pays producteurs de vins qui ont adopté une structure d’appellation basée sur la géographie mais aussi sur la qualité de production du vin, de la vigne et du travail au chais. Les appellations dans le domaine du vin sont d’une aide précieuse lorsque vient le temps de choisir un vin à son goût, en fonction du mets qui l’accompagnera mais ne sont en rien une garantie de satisfaction. Vous serez cependant assuré de sa provenance et d’un niveau de qualité approprié. Pour le reste, remettez-vous en à vos papilles gustatives.