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Si je n’étais pas journaliste je serais…

par Renée-Claude Doucet
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Article mis en ligne le 4 avril 2009 à 10:12
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Si je n’étais pas journaliste je serais…
Devant une scène remplie d’enfants, je me surprends à me laisser attendrir par le jeu un peu faux, mais combien sincère des petits comédiens d’un soir. Après tout, ils ont travaillé si fort pour présenter à maman et papa une comédie musicale totalement originale. Sous la supervision des enseignants de l’école, le spectacle s’enchaîne avec facilité sous les yeux attentifs des spectateurs. Mêlée aux parents des étoiles, je m’imprègne du sentiment de fierté qui émane des sourires et des applaudissements généreux.

Le fait de me replonger dans l’univers scolaire, le temps d’un article, me rappelle de bons souvenirs. Il y a trois ans, dans mon autre vie, j’étais mois aussi, une enseignante. L’expérience n’a duré qu’un an, mais elle m’a probablement marquée à jamais. Je peux désormais affirmer que si un prof inculque dix règles aux enfants, ceux-ci en apprennent certainement cent au prof. Outre le sens de l'organisation, l'humilité et la patience, mes élèves m'ont appris la spontanéité, l'ouverture d'esprit et surtout, l'incroyable capacité à dire «je t'aime». Les enfants ont cette aptitude à partager leurs sentiments que les adultes perdent parfois en vieillissant.

Je me rappelle qu'Émilie Bordeleau, le célèbre personnage d'Arlette Cousture, disait qu'elle n'avait jamais éprouvé de plus grand bonheur que celui ressenti lorsqu'elle était entrée pour la première fois dans son école. Lorsque j'entends ma mère, enseignante retraitée depuis plus de cinq ans, confier qu'elle s'ennuie parfois de son travail, je me dis que l'enseignement n'est pas un métier comme un autre, c'est une vocation. Je lève mon chapeau à tous ceux et celles qui accomplissent cette tâche sans broncher jour après jour, motivés à faire de la société de demain un monde meilleur.

Maintenant, je crois que je n'ai plus besoin de dire ce que je serais si je n'étais pas journaliste…

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