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Suicide : les adolescentes lanaudoises plus à risque

Article mis en ligne le 20 avril 2009 à 18:18
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Suicide : les adolescentes lanaudoises plus à risque
par Jean Numa Goudou
Si le suicide chez les jeunes garçons lanaudois est en chute depuis 1999, en revanche, chez les jeunes filles «ça descend beaucoup moins», déplore le Centre de prévention du suicide (CPS) de Lanaudière.
La dépression demeure la principale composante qui pousse les adolescentes à s’enlever la vie, note Éveline Laurin du CPS. Tandis que chez les garçons la consommation de drogue et les troubles de comportement demeurent les principaux facteurs du suicide.

Toutefois garçons et filles utilisent davantage les mêmes moyens pour arriver à leurs fins. «Les filles utilisent de moins en moins des médicaments pour se suicider mais de plus en plus la pendaison qu’on retrouvait chez les garçons, affirme Mme Laurin, elles trouvent que c’est plus valorisant».

Le suicide demeure la cause de décès la plus importante chez les jeunes de 15-19 ans. La baisse de la mortalité est très importante chez les jeunes hommes. La baisse est également observée chez les femmes seulement de 30-40. Cette baisse est significative dans la région du Grand Montréal et les régions centrales, mais pas dans les régions périphériques, d’après «La mortalité par suicide au Québec» daté de janvier 2007, de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ).

Dans Lanaudière, il est très difficile d’établir des statistiques déplore le CPS. «Directement, très peu de personnes en bas de 18 ans nous appellent. C’est moins de 10%», indique Éveline Laurin.

Pour compenser ce manque, le Centre tente autant que possible d’atteindre les jeunes à travers les maisons de jeunesse de la région et les centres jeunesse. «Les lignes téléphoniques ne rejoignent pas toute la population», reconnait la porte parole du CPS.
Jeunesse, J’écoute et Tel-Jeune
Si le CPS reçoit peu d’appels à l’aide de la part des jeunes filles lanaudoises ce n’est pas parce que les cas sont moins nombreux. Éveline Laurin croit que beaucoup d’entre elles préfèrent s’adresser à d’autres organismes comme Tel-Jeune ou Jeunesse, J’écoute. Les jeunes communiquent également par courriel à ces centres.
Ces organismes embauchent de façon générale des intervenants jeunes. «On s’est rendu compte que c’est important pour eux de savoir à qui ils parlent et s’il peuvent faire confiance à cette personne, reconnait Mme Laurin, les ados qui vont appeler là savent qu’ils vont parler à des jeunes qui ont parfois vécu les mêmes choses qu’eux».

Au total 3% des appels identifiés placés à Jeunesse, J’écoute proviennent de Lanaudière contre 25% pour Montréal. Christine Tessier des services communications de l’organisme dit toutefois ne pas pouvoir comptabiliser tous les appels de la région.

«La raison pour laquelle les jeunes nous appellent c’est parce que c’est anonyme, dit-elle, on ne cherche pas à savoir la provenance des coups de fil. Il peut arriver que le jeune décide de nous indiquer son adresse ou de nous envoyer chez lui.»

L’anonymat est la règle d’or chez Tel-Jeune également. Ce qui explique que l’organisme ne dispose pas non plus de statistiques spécifiques à Lanaudière. Mais Céline Mulouin, de la direction de Tel-Jeune, atteste qu’une majorité de jeunes en région choisissent de communiquer avec son organisme.

«Dans la mentalité des jeunes, ils vont appeler pour parler d’une peine d’amour, de mal de vivre et tout…, explique Mme Mulouin, dans cette sorte de problèmes arrivent des idées suicidaires qu’on arrive à détecter».

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