Voilà 11 ans que l’avocat ex-candidat conservateur Stéphane Bourgon fait la navette entre La Haye et Repentigny. (Photo : Gérard Legault)
Stéphane Bourgon au Tribunal pénal international de La Haye
«Nous sommes en audience tous les jours»
par Jean Numa Goudou
L’avocat repentignois, Stéphane Bourgon, 48 ans, est actuellement en route pour La Haye (Pays-Bas) afin de plaider la cause d’un des sept accusés dans le massacre de Srebrenica en Ex-Yougoslavie. Me Bourgon défend, en complémentarité avec une avocate serbe, devant le Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY) Drago Nikolic’ accusé de génocide.
Au total 8000 Musulmans de sexe masculin ont été tués, en juillet 1995, par des séparatistes serbes dans cette enclave. La Cour internationale de justice (CIJ) parle depuis quelques années de génocide au regard de la Convention de l'Organisation des Nations unies (ONU) de 1948 pour la prévention et la répression du crime.
Ce procès débuté en juillet 2006 est le plus grand depuis la Deuxième guerre mondiale. Il doit prendre fin en juillet de cette année. «Nous sommes en audience tous les jours», indique l’avocat en droit international joint au téléphone au cours de son passage à Repentigny cette semaine.
Me Bourgon fait «la navette» entre La Haye et Repentigny depuis environ 11 ans. Et depuis trois ans il s’installe dans la capitale de la Hollande afin de défendre son client et s’occuper d’autres dossiers. Et avant de devenir avocat militant au TPIY Me Stéphane Bourgon, était, en novembre 1999, chef de cabinet du président du Tribunal pénal.
À la suite d’une brillante carrière au sein des Forces armées canadiennes comme avocat militaire pendant 20 ans, il entre au barreau du Québec en 1993. Au sein des FC depuis 1979, il exerce toutes sortes d'activités, tant au Canada qu'à l'étranger : officier de logistique, procureur devant la Cour martiale, conseiller juridique en Bosnie pour la Brigade multinationale canadienne dans le cadre de l'IFOR, rédacteur de manuels d'instruction et responsable de la formation des officiers canadiens en droit international humanitaire.
Le spécialiste en droit international demeure très attaché à sa région. « Dès que ce procès aura été terminé, je reviendrai au Québec», promet l’avocat. Toutefois ce ne sera pas la fin de son périple international. Stéphane Bourgon devrait aller au cœur de l’Afrique avec deux procès majeurs.