Le directeur du service de police de L’Assomption, Normand Desjardins, s’adressant aux jeunes. (Photo : Gérard Legault)
«Maintenant, nous sommes un gang contre l’intimidation»
par Jean Numa Goudou
«Je n’en parlais pas à mes parents pendant une semaine. Car, j’avais peur», se souvient encore aujourd’hui Gabrielle Dufour, 10 ans, et intimidée dès l’âge de sept ans.
Il y a trois ans, alors qu’elle se promenait sur la cour de son école (Au point du jour), des camarades, retranchées derrière un banc de neige, la traitaient de tous les noms. Son estime de soi en prenait un coup et elle était devenue quasiment dépressive.
Elle scénarise aujourd’hui un petit documentaire sur le sujet, primé dans le cadre du programme «Pour moi un bon gang c’est…» de la police de L’Assomption.
La vidéo (une dizaine de minutes) présentée lors de la soirée de clôture des activités devant 170 personnes retrace en grande partie ce qu’elle a vécu. A la suite d’une première rafale d’actes d’intimidation, elle s’en va demander de l’aide à une amie de son école. Celle-ci décide enfin de l’accompagner là où elle va mais ne parvient à y mettre fin.
En bout de ligne s’en vient du gang lui-même. Les autres membres réussissent à se désolidariser de leur chef et prennent position publiquement contre l’intimidation. «Maintenant nous sommes un gang contre l’intimidation», disent-elles tout en prenant position à coté de la victime.
«Ce qui a retenu l’attention du jury, constitué par la police, c’est la clarté de la situation et la conséquence pour ceux qui intimident», avoue le policier Alain Benoit. Les filles (six) reçoivent 200$, gracieuseté de la caisse Desjardins Les Méandres et un paquet de gadgets à l’inscription «Pour moi un bon gang c’est…», slogan du projet.
Toujours dans la catégorie artistique, une chorégraphie de danse sur les huit catégories d’atelier-concours réalisées dans le cadre de la première phase du projet, attirait l’attention du jury également. Le thème est la «Chicane de fille».
«A cause de cela, la troupe n’allait nulle part, observe le policier Benoit, les filles engagent alors une discussion franche sur leur avenir dans la danse. Ce qu’on a aimé dans le jury c’est la capacité de chacune à pardonner».