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Lancement d’une entreprise coopérative

Des élèves de l’école Félix-Leclerc ont le sens des affaires

Article mis en ligne le 10 mai 2009 à 7:12
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Lancement d’une entreprise coopérative
L’enseignante Josée Boulianne avec quelques élèves. (Photo : Marie-Ève Muller)
Lancement d’une entreprise coopérative
Des élèves de l’école Félix-Leclerc ont le sens des affaires
par Marie-Ève Muller
Comment une classe de 20 ados de secondaire 5 peut se transformer en une entreprise coopérative? C’est le pari qu’à gagné Josée Boulianne, enseignante d’économie, avec le programme de Lancement d’une entreprise coopérative à l’école Félix-Leclerc. Le projet pilote sera renouvelé en programme permanent auprès de l’école.
«Avec le cours de Lancement d’une entreprise coopérative, les élèves apprennent tellement plus qu’une matière scolaire. Ils apprennent à mettre leurs trippes sur la table et à vivre un projet à fond. C’est l’école de la «vraie vie». Ils n’ont pas d’autres choix que d’embarquer dans le mouvement et ça, c’est déstabilisant pour eux», explique l’enseignante responsable et guide, «je ne suis pas le patronne», Josée Boulianne.

Le cours de Lancement d’une entreprise coopérative est un projet pilote de trois ans. Il deviendra un programme permanent et fut lancé en 2006 en collaboration avec la Commission scolaire des Affluents et le Centre de Formation Professionnelle des Riverains. À la fin du cours de 330 heures, les étudiants recevront une Attestation de spécialisation professionnelle, en plus de leur diplôme d’études secondaires.

Au programme, les élèves de secondaire 5 apprennent à établir un plan d’affaires, à créer du marketing, à déterminer les besoins en ressources humaines et en ressources matérielles, sans oublier d’apprendre à gérer un fonds. En plus d’administrer plusieurs projets concrets, comme l’aide aux devoirs et le salon étudiant.

« Nous avons choisi d’apprendre aux élèves à se lancer une entreprise coopérative. Dans un monde aussi individualiste que le nôtre, il fait bon se retrouver en équipe et d’être interdépendants », constate Josée Boulianne. « Le travail d’équipe oblige les jeunes à s’impliquer et à développer leur leadership et leur autonomie, trois qualités importantes en entrepreneuriat.»

À la fin de l’année scolaire, les profits seront distribués en ristournes aux 20 étudiants selon leur implication, car, en plus de leurs cours réguliers, les jeunes doivent donner du temps en dehors des heures scolaires. Pour la plupart des jeunes, la récompense pécuniaire n’est pas grand-chose par rapport à toute l’expérience humaine qu’ils ont puisée dans le cours.

« Il y a des personnalités vraiment différentes dans la classe. Ce n’est pas toujours évident. On vit des frustrations, mais en même temps, on a tellement de plaisir et on apprend! », témoigne Roxanne Bray, qui a aussi participé avec six autres élèves de la classe à un stage de sensibilisation au Pérou.
Le « vrai monde » des affaires
Guy-Philippe Polissena, étudiant de l’école Félix-Leclerc, a le flair pour les affaires. L’été, il tond des pelouses pour sa propre compagnie. Son moyen de transport, un vélo et une charrette qu’il a lui-même construite pour sa tondeuse. L’attrait d’être son propre patron l’a poussé à suivre le cours de gestion d’entreprise offert par l’école secondaire Félix-Leclerc.
« Je m’y suis senti vraiment à ma place. Ça m’a donné le gout de continuer dans le domaine des affaires. Je vais poursuivre mes études au Cégep de Joliette en gestion de commerce. C’est vraiment un domaine qui me passionne », explique le président de la Jeune Coopérative L’Héritage qui a gagné la médaille du lieutenant-gouverneur, Guy-Philippe Polissena.

Pour Gabrielle Richard, toutes les étapes d’ouverture d’une entreprise et de gestion lui ont fait un peu peur. « Au début, j’étais vraiment accrochée par tous les projets. Mais ensuite, avec la théorie, j’ai été surprise de l’ampleur de la tâche. Finalement, ça n’a pas l’air si facile d’ouvrir son commerce », explique celle qui rêve d’ouvrir son magasin de vêtements.

Ariane Larose, pour sa part, se sent prête à ouvrir son entreprise après son cours. « Je crois avoir toutes les connaissances nécessaires pour le faire. Par contre, je ne me sens peut-être pas prête à faire toutes les négociations qui vont avec les contrats », admet-elle.

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