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Davantage de familles immigrantes sollicitent Fin à la faim

L’organisme enregistre 35 nouvelles inscriptions en 2008

Article mis en ligne le 17 mai 2009 à 7:11
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Davantage de familles immigrantes sollicitent Fin à la faim
De plus en plus de familles immigrantes fréquentent Fin à la faim, un phénomène qui s’est grandement accru au cours des deux dernières années. (Photo : Gérard Legault)
Davantage de familles immigrantes sollicitent Fin à la faim
L’organisme enregistre 35 nouvelles inscriptions en 2008
par Jean Numa Goudou
«Je me souviens que j’étais très heureuse, il y a huit ans, lorsque mon mari est venu m’annoncer la nouvelle qu’on allait quitter pour le Canada», nous confie Pierrette (nom fictif), une Haïtienne de la région de Repentigny. Alors qu’elle croyait toucher son Eldorado, elle se retrouve démunie.
George (encore un nom fictif), son mari, s’établissait deux ans avant elle pour préparer le terrain. Mais très vite il a le mal du pays et s’en retourne en Haïti sans sa femme et ses trois enfants. «Je ne sais pas si c’est à cause de l’allocation familiale que le gouvernement nous donne, mais le plus souvent ils (les hommes) nous disent : débrouillez-vous avec les enfants.»

Dans la salle d’attente, bien aménagée, de Fin à la faim de la rue Ste-Marie, à Charlemagne, Pierrette attend parmi tant d’autres femmes immigrantes de toutes les régions du monde son panier de la semaine.

Elle demeurait à Montréal avant de venir s’installer dans la région de Repentigny où vivent plusieurs autres membres de sa famille. «C’est plus facile pour moi, explique-t-elle, lorsque je suis mal barrée avec les enfants je peux toujours les leur apporter. On s’entraide aussi dans beaucoup de choses»

L’immigrante change de carrière également et entreprend des études en soins de la santé pour devenir préposée aux bénéficiaires. Cette femme monoparentale ne peut travailler qu’à temps partiel, ce qui ne répond pas à ses besoins parfois essentiels pour les enfants.

La préposée fait partie des 53 familles immigrantes qui viennent chercher leur panier chaque semaine à l’organisme. En 2008, Fin à la faim enregistre 35 nouvelles inscriptions dans cette catégorie. «C’est une nouvelle réalité, indique Colette Doré Thibault la directrice de l’organisme, Il y a deux ans on ne voyait pas cela.»

Ces familles sont le plus souvent nombreuses. Elles arrivent jusqu’à 12 personnes à la fois, remarque cette altruiste qui retient le plus souvent les noms des gens, le nombre d’enfants et plein d’autres détails les concernant.

Fin à la faim opère depuis une quinzaine d’années dont 14 ans au Chalet Mederic-Lebeau, propriété de la Ville de Charlemagne. L’organisme s’efforce également à éduquer les gens qu’il dessert du mieux qu’il peut. «On ne veut pas être seulement un organisme qui donne de la nourriture», martèle Mme Thibault.

Un important volet de sensibilisation au phénomène de la pauvreté fait partie du programme de Fin à la faim. L’organisme exige une contribution de trois dollars aux bénéficiaires. «Cela fait partie d’un processus de recouvrement de leur dignité en tant que personne», raconte la directrice.

Elle incite les familles à être écologiques. «Apportez vos sacs réutilisables» peut-on lire sur le babillard de la salle d’attente. Lors de notre passage dans les locaux de l’organisme, jeudi dernier, un groupe de bénévoles préposés à l’accueil invite tous les visiteurs à se laver les mains. Un dépliant qui informe sur la grippe AH1N1 est remis aussi.

La sensibilisation au phénomène touche aussi bien les hommes d’affaires qui donnent de gratuitement de la nourriture mais aussi des politiciens locaux. «Il y en a qui disent non, non, non… il n’y a pas de pauvres dans ma ville», note Colette Doré Thibault.

«J’ai l’impression que la pauvreté est plus propre en banlieue», ironise pour sa part Danika Croteau tout en simulant un guillemet avec quelques doigts. Cette femme d’affaires s’implique à plein régime dans une campagne de financement de l’organisme afin de venir en aide aux familles démunies.

Un spectacle, «C’est notre chanson» mettant en vedette Luc Guérin et Catherine Simard, aura lieu le 27 août prochain au Théâtre Hector-Charland à L’Assomption aux profits de l’organisme.

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