« Peu importe le gouvernement ou la réforme, c’est la relation entre l’élève et l’enseignant qui fait la différence. Quel métier exigeant, quel beau métier! » Michel Blain, élève, professeur et directeur général au Collège de L’Assomption entre 1960 et 2003. (Photo : Roger Lacoste)
Un livre pour clore le 175e du Collège
Michel Blain lance « Une histoire du Collège de L’Assomption », de 1960 à 2008
par Marie-Ève Muller
Il y a moins de 50 ans, on formait des prêtres au Collège de L’Assomption, les filles n’avaient pas le droit d’y étudier et le théâtre Hector-Charland n’existait pas. Tant de choses ont changé depuis et l’ancien étudiant, enseignant et directeur général au Collège de L’Assomption, Michel Blain, a archivé à perpétuité les évènements dans le livre Une histoire du Collège de L’Assomption. Le lancement du bouquin concorde avec l’anniversaire de 175 ans du Collège.
Le 7 septembre 1960, le petit Michel Blain a 12 ans. « Je me sentais très petit. Je venais de ce petit village, je ne connaissais rien et j’entrais dans cet univers d’apprentissages. Sans le savoir, j’ai sûrement commencé à écrire mon livre ce jour-là », raconte l’auteur devant le gratin de L’Assomption réuni dans la cour intérieure du Collège.
Une histoire du Collège de L’Assomption raconte l’arrivée des filles en 1965 dans l’établissement. « Bouleversant! Le Petit séminaire se transforme en agence de rencontre », blague Michel Blain. Le récit explore aussi l’arrivée du collégial, la construction du théâtre Hector-Charland, le camp de vacances à La Minerve, l’ouverture de l’Académie François-Labelle, l’inauguration du Centre d’archives de Lanaudière, le début du programme d’éducation internationale... Appuyé de photos authentiques, le livre coloré accroche l’œil. «Il faut souligner le travail colossal qu’a fait la graphiste Anne-Marie Charest. Elle a su mettre en valeur mes mots », remercie Michel Blain.
Trouver un titre n’a pas été évident. « J’ai longtemps louvoyé parmi les «déterminants», qu’on appelait à mon époque «articles». Mon histoire aurait été un titre trop possessif. Ce n’est pas ma vie ni mon point de vue que je relate dans ces pages. L’histoire aurait fait trop officiel, comme si ce que j’écrivais était la vérité absolue. J’ai plutôt choisi Une histoire du Collège de L’Assomption, pour ouvrir la porte à toutes les autres histoires », raconte avec lyrisme l’auteur.
À l’époque où il était enseignant de français, Michel Blain répétait à ses élèves que la lecture était une expérience sur différents niveaux. « Aujourd’hui, je peux dire que l’écriture est une expérience aux multitudes de niveaux », rigole l’auteur. L’homme de lettres a donc pensé son ouvrage pour des lecteurs diversifiés. « J’ai écrit en fonction qu’on puisse feuilleter le livre comme le lire attentivement. Un lecteur pressé appréciera les photos et les anecdotes en exergues tandis qu’un lecteur intéressé plus intensément à l’histoire trouvera des informations poussées et vérifiées. Pour les émotifs, il y a aussi un lot de souvenirs », décrit le nouvel écrivain.
Son premier livre, il a mis un an et demi à l’accoucher. Du travail de temps plein bénévolement pour ce retraité du CLA depuis 2003. Avec le lancement, Michel Blain sent qu’il fait partie de la « grande famille » du Collège de L’Assomption autant sur le plan intellectuel qu’émotif.
«J’ai accepté d’écrire sur l’histoire du Collège parce qu’il m’est important qu’on se souvienne de nos racines, mais aussi de l’audace de Jean-Baptiste Meilleur. Il a fait construire le Collège au bout du village, alors que tous disaient que c’était une idée de fou. Jean-Baptiste Meilleur est devenu le maitre d’œuvre d’un réseau d’école pour aider les canadiens-français », explique le rédacteur du volume. « En 1960, l’éducation n’était pas une valeur encore ancrée dans la société québécoise. Mais des gens se sont battus pour s’élever, s’éduquer pour ne plus être traité comme des nègres blancs d’Amérique », milite Michel Blain.
Au départ, le livre devait se contenter de 132 pages. « J’ai envoyé le premier chapitre à la graphiste Anne-Marie Charest pour voir avec la mise en page où j’en étais. J’avais déjà 68 pages, sans photo! » Le produit final a donc 261 pages, abondamment illustrées en couleurs.
Une histoire du Collège de L’Assomption, en vente au Collège de L’Assomption. Édition souple ou cartonnée. Les profits iront à la fondation de la Bibliothèque du Collège.
arsene caron-leblanc
Commentaire mis en ligne le 18 juin 2009superbe