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French ma langue

Hugo Lemay par Hugo Lemay
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Article mis en ligne le 20 juin 2009 à 6:15
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French ma langue
Ne manquait plus que ça! Des anglos sur scène à la fête nationale, par la porte dérobée d’une célébration à Rosemont. Les autres communautés culturelles, ça peut toujours passer, mais pas les maudits anglais!
Alors, inclusive ou pas la Saint-Jean? Oui, à n’en pas douter. Mais comme peuple, il y a des limites, fussent-elles symboliques, que nous ne sommes pas tous prêts à transgresser. Les francophones du Québec ont franchi des pas de géants depuis un demi-siècle pour se libérer du joug anglophone à coup de hautes luttes.

Le bon peuple ne fait plus de complexe d’infériorité devant les barons de la finance de Westmount. Simple Plan peut chanter en anglais sans se faire lancer le caillou de l’opprobre alors qu’on criait à la traîtrise pour The Box 20 ans plus tôt.

Mais chanter en anglais à la Saint-Jean? Un jour, l’inclusion s’étendra à nos amis anglophones, mais le temps n’est pas encore venu. Les mœurs évoluent à leur rythme.

Bien que je sois bilingue, anglophile, à la limite de considérer la méconnaissance de l’anglais comme un signe d’ignorance au 21e siècle, j’ai éprouvé un grand malaise à la Saint-Jean l’an dernier. J’étais allé entendre Dan Bigras à Ville LaSalle. En rappel, le rocker a offert Twist and Shout des Beatles, que j’adore. Et la dernière, La Bohème, d’Aznavour. Tu parles d’une chanson platte pour finir un party! D’abord, le peuple qui nous a conquis et ensuite, le peuple qui nous a largués! Et mon identité québécoise, bordel? Mentalité de colonisé peut-être, mais mes mœurs à moi sont rendues là…

Tout un contraste avec Pointe-Claire, où j’avais amorcé la soirée. La Famille Cantin, un groupe-phare mais méconnu de Lanaudière avec son répertoire trad. Il faisait beau soleil, c’était sur une modeste scène… devant un public familial largement anglophone pourtant ravi!

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