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Lanaudière: les aidants naturels appellent aussi à la rescousse

Article mis en ligne le 21 juin 2009 à 17:12
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Lanaudière: les aidants naturels appellent aussi à la rescousse
par Jean Numa Goudou
Environ 300 aidants naturels D’Autray et du comté de l’Assomption se disent «à bout de souffle et de ressources» depuis plusieurs mois. Le Regroupement des aidants naturels du comté de l’Assomption (RANCA) vient de perdre le local que lui prêtait, depuis un an, le Centre d’intégration professionnelle de Repentigny.
Un partenariat avec le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Sud de Lanaudière pour un service de répit aux aidants arrive à terme en ce mois de juin. L’entente comprenait 960 heures réparties selon le cas. Et grâce à une souplesse, le RANCA pouvait en distribuer à des parents d’enfants handicapés également.

«Ça, on ne l’a plus», déplore Caroline Vadeboncoeur, agente de liaison du regroupement. Depuis janvier dernier le CSSS du Sud crée de nouveaux services de répit pour les aidants naturels de la région : le «Samedi répit et le Répit de soirée». Mais seules les personnes âgées atteintes d’un déficit cognitif sont prises en compte. «Or, nous ne sommes pas un regroupement de personnes âgées», précise le RANCA.

Avec un budget de 25.000 $ (dont 21.000 du gouvernement) pour 225 membres, le RANCA se dit « à la limite de sa créativité». La perte du local l’oblige à couper là où cela risque de faire plus mal : huit heures par mois de répit à ses membres seront éliminées. Ce qui occasionnera nécessairement des difficultés selon Mme Vadeboncoeur. «L’épuisement est le plus grand danger qui guète les aidants naturels», affirme-t-elle.

L’Aidant, leur journal, ne peut plus être livré. Des enveloppes timbrées, que fournissait le député fédéral Nicolas Dufour, sont coupées. Il aurait, selon l’organisme, reçu des consignes du gouvernement fédéral de ne plus le faire.
«À moins d’un miracle»
En outre, leurs démarches, le 26 mai dernier, auprès de l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière (ASSSL) afin d’obtenir un rehaussement de leur financement annuel à 60 000 $ ne fait que les plonger dans davantage d’angoisse. Dans le fonds, l’organisme aurait besoin de 125 000 $ pour bien fonctionner.
Le Réseau des aidants naturels D’Autray (RANDA) et le RANCA disent avoir reçu «une réponse froide, et directe» de la part du président et directeur général de l’ASSSL Jean-François Foisy. «Il nous a dit qu’il faudrait un miracle pour recevoir plus d’argent», rapporte Carlos Hernandez, un travailleur social à la retraite et qui œuvre comme bénévole auprès du RANCA.

«Si on avait su cela, on aurait pu aller à l’Oratoire St-Joseph au lieu d’aller là-bas», ironise M. Hernadez. «Il nous a expliqué en long et en large qu’on était en crise économique. Je pense qu’on est tous des adultes parfaitement au courant de la crise», renchérit Caroline Vadeboncoeur qui met en doute la bonne volonté de M. Foisy.

Plusieurs membres du RANCA, rencontrés récemment, se disent frustrés par la réponse et la réaction du responsable de l’Agence. Diane Delisle, de Repentigny, qui s’occupe de son fils de 29 ans atteint d’une déficience intellectuelle n’en revient pas. «Il aurait pu nous montrer un peu de compréhension au lieu de nous répondre de façon aussi sèche» dit-elle.

Lucie Latour-Laporte, bientôt 69 ans, qui s’occupe de son mari atteint d’Alzheimer dit s’inquiéter beaucoup. Il n’y a pas longtemps elle a fait un accident vasculaire cérébral (AVC). «Si je n’avais pas de répit, je pense que je ne serais plus là, témoigne-t-elle. Manger avec le groupe une fois par mois c’est bon pour le moral et là je n’aurai plus cela».
En bref


- La coalition canadienne des aidants naturels évalue à environ 5 millions le nombre de Canadiens qui prennent soin d’un membre de leurs familles. Dans Lanaudière ils seraient 61.000.

- 35% d’entre eux ont un salaire supérieur à 45.000 dollars.

- Le travail non rémunéré des aidants représente une économie de 5 milliard par année.

- La situation professionnelle de 25 % des aidants est affectée

- Les 2/3 des aidants dépensent 100 dollars de plus par mois à cause de leurs nouvelles situations.

- Le Canada est en retard face à des pays comme l’Allemagne, l’Australie, l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande qui disposent de mesures législatives et financières en matière d’aidants naturels.

- Un baby-boomer sur cinq au Québec sera atteint de la maladie d'Alzheimer d'ici l'année 2020, selon la ministre québécoise des Aînés, Marguerite Blais.

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