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C’est notre chanson : pour ceux qui aiment passionnément

Critique de spectacle

Article mis en ligne le 4 juillet 2009 à 8:28
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C’est notre chanson : pour ceux qui aiment passionnément
Luc Guérin et Catherine Sénart dans une scène de « C’est notre chanson ». (Photo : Michel Lafortune)
C’est notre chanson : pour ceux qui aiment passionnément
Critique de spectacle
par Marie-Ève Muller
C’est notre chanson est assurément une pièce d’été : légère. L’Amour avec un grand A y est observé sur toutes ses coutures. De l’humour pinçant, très présent, une traduction impeccable, de la musique entrainante, mais des voix qui craquent et des chansons aux paroles trop langoureuses.
La pièce plaira beaucoup aux amoureux de la comédie musicale. L’univers romantique rococo sied bien à cette pièce de théâtre tout en musique. Comment décrire? Imaginez une coupe glacée au chocolat, avec du sirop au chocolat et du caramel. Rajoutez-y de la crème fouettée et des guimauves. Pour certains, c’est juste assez sucré, pour d’autres, « ça tombe sur le cœur ».

Avec la levée du rideau rouge en velours, C’est notre chanson commence. Vincent Gersch (Luc Guérin), célèbre compositeur de New York, entame une nouvelle collaboration avec l’exubérante parolière Sonia Walsk (Catherine Sénart). Lui collectionne deux Grammy et un Oscar, elle, un disque d’or. Avec une heure de retard, Sonia Walsk arrive, habillée en Juliette, à l’appartement du célèbre et richissime Vincent. Leur collaboration s’entame lorsque Vincent s’installe au clavier et propose sa version de la chanson Tomber, écrite par la parolière éclectique. Évidemment, la parolière déteste ses paroles, mais adore la musique. Lors de leur deuxième session de travail, Sonia arrive un jour et demi en retard, puisqu’elle rompait (encore) avec son amoureux Léon. Après quelques altercations, Sonia propose à Vincent d’apprendre à se connaitre sur le plan personnel d’abord, pour ensuite être capable d’avoir un avenir professionnel commun. Encore une fois, la parolière est en retard à cause de Léon et Vincent veut tout laisser tomber. Pour se réconcilier, le duo danse un peu. C’est là que l’histoire d’amour commence. Entre un voyage au bord de la mer, des chicanes et des réconciliations et une fin digne de Walt Disney, le couple en formation s’échange de bonnes lignes. Par contre, les chansons viennent briser un peu le rythme.

Luc Guérin et Catherine Sénart se partagent la scène avec une réelle complicité, eux qui forment un couple dans la vie de tous les jours. Sur scène, Luc Guérin s’éclate. Ses répliques sont vivantes, lancées justement. Il dégage un franc plaisir et habite naturellement la scène. Sa voix n’est pas celle d’un chanteur, certes, mais l’effort est là. Catherine Sénart brille plus par son chant que par son jeu d’actrice. Son personnage de névrosée est un peu surjoué, mais est-ce le personnage ou l’actrice? Malheureusement, la voix claire de l’actrice de My Fair Lady au Québec a craqué dans les hautes notes quelques fois lors de la représentation vue par L’Hebdo Rive Nord. Le couple chante dix pièces, en duo ou en solo. Certains thèmes sont repris plus d’une fois.

La pièce coule sans trop de problèmes. Les scènes s’articulent autour du piano à queue, tantôt table de restaurant, tantôt voiture (une Austin). Les décors sont charmants, classiques et minimalistes, distingués et évocateurs. Frédéric Blanchette, qui a signé la mise en scène de Cheech et Appelez-moi Stéphane, a réussi à faire une pièce de théâtre agréable à l’œil et facile à suivre.

Il faut souligner le travail phénoménal de traduction qu’une pièce de théâtre musicale demande. Yves Morin a su adapter les répliques sans perdre le mordant et le comique de la pièce. Les paroles des chansons réussissent à sonner bien, malgré la traduction, mais elles restent dans le style de répertoire de Jean-François Breau, très romantique à l’eau de rose; amenez-en des violons!

Le directeur musical de C’est notre chanson, Philippe Noireaut, a minimalisé la partition musicale en trio jazz. They are playing our song, la version originale de la pièce de Neil Simon, se présentait habituellement avec un orchestre sur scène. Au Québec, faute de budget, la pièce se contente d’un trio jazz. Impressionnant tour de passe-passe! Finalement, les trois musiciens neutralisent un peu le sucré des paroles. Le piano jazz est sublime, les percussions servent aussi aux bruitages et la contrebasse séduit.

Pour aimer la pièce, il ne faut pas être amer quant à l’amour et surtout, il faut aimer la musique de comédie musicale. Parce que, sans ça, la soirée est un peu longue.

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