Les pompiers pourront intervenir plus efficacement dans les situations à haut risque sur les glaces. (Photos : Gérard Legault)
L’Assomption : les sapeurs-pompiers entre l’eau et le feu
Les Assomptionnistes sont parfois téméraires sur la glace
par Jean Numa Goudou
Outre le feu, les fuites de gaz, accident de la circulation, système d’alarme défectueux, problèmes électriques, personnes prisonnières dans un ascenseur, les pompiers de L’Assomption réalisent aujourd’hui des sauvetages sur glace.
La ville est dotée, depuis le dimanche, d’une équipe de sauvetage nautique. Deux enseignants de l’Académie des pompiers du Québec viennent de donner pendant trois jours (soit trente heures) une formation en sauvetage sur glace à une douzaine des 40 pompiers de la municipalité.
Le Service de sécurité incendie (SSI) de la Ville est équipé, entre autres, d’un «Fortuna» (un bateau de sauvetage spécialisé) et de huit habits résistants à l’eau et au froid d’une valeur de 1000$ chacun.
Lors d’opérations de sauvetage sur glace ou dans l’eau, les pompiers sont capables d’utiliser de nouvelles méthodes d’approche pour une personne suicidaire par exemple. Ils connaissent aussi celle dite Pique-45 (utilisation de pique à glace et création d’un angle de 45 degré afin de sortir une personne de l’eau glaciale).
Pression
C’est à la suite de deux arrêts de travail au printemps en été dernier que la Ville a décidé d’offrir cette formation pour le SSI. Les pompiers refusaient carrément d’aller sur la glace ou dans l’eau. En moyenne le SSI effectue une dizaine de sauvetage sur glace par année. Au total, le rapport 2008 des activités fait état de sept interventions.
«On a eu plusieurs fois à faire des sauvetages sur glace sans formation et avec les moyens du bord, raconte le lieutenant Benoit Dalpé, maintenant on a des équipements à la fine pointe de la technologie».
Le lieutenant croit que la situation aurait perduré si les pompiers n’avaient pas adopté ce moyen de pression et que l’employeur n’aurait pas bougé dans ce sens là. «Je ne suis pas sûr qu’il l’aurait fait, mais je peux vous dire que notre refus de travail a aidé un peu», estime le lieutenant.
Le pompier Martin Thifault est particulièrement content de cette formation. C’est que, il y a une dizaine d’années, un enfant qui faisait de la motoneige avec son père avait péri dans l’eau glaciale. Et il faisait partie des sauveteurs impuissants face à la situation, dépourvus d’équipements adéquats.
«On a cherché pendant une heure et 15 minutes dans un trou de 16 pieds de diamètre, se souvient-il encore, mais rien. Puis on a découvert plus loin un autre trou de cinq pieds où on l’a retrouvé peu de temps après. Mais il était trop tard».
Des téméraires
L’un des deux formateurs, Luc Cuillerier, dit observer une témérité chez les Assomptionnistes en ce sens qu’ils s’aventurent trop facilement sur la glace de la rivière. L’achalandage des motoneiges, des raquettes, des VTT et de ceux qui réalisent du ski de fonds l’inquiète au plus au point.
«La glace n’est jamais aussi solide là où il y a des courants forts ni en dessous des ponts en raison du sel qui s’y renverse, explique-t-il, de plus si le pont est en acier ou en béton armé la glace peut prendre du temps avant de devenir ferme». Il y a pas moins de quatre ponts sur la rivière.